Victoria's Stone

Bienvenue à Londres au XIXème siècle, ici les pierres sont magiques et vous confèrent des pouvoirs ! [10 lignes minimum]
 
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 Les courses, travail très éprouvant [Libre]

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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 9 Mai - 22:36

Wendy arrive dans les boutiques spécialisées de Londres. Elle est obligée, parce que son nouveau maître, Gabriello-chiant, a de grosses exigences quant à la nourriture : pas de tomates, pas de courgettes, mais des épinards, on peut, oui... Alors, elle a une liste. Et cette liste, elle est vraiment affreuse, parce que toutes les denrées qui y sont marquées se trouvent toutes dans des boutiques différentes, des épiceries fines, toutes situées de part et d'autre de la rue marchande. Et ça fait deux heures que Wendy tourne en rond. Au moins, les Hamilton mangeaient tout ce qu'elle leur faisait. Là, elle s'est déjà prit une claque parce que l'un de ses petits plats contenait une tomate. Alors maintenant, Wendy a la liste de tout ce que Mister Gabrielli aime et n'aime pas, et l'a recopiée en plusieurs exemplaires, au cas où elle la perdrait. Là, elle est chez un petit marchand de vin. Elle regarde sa liste : pas d'exigences particulières. Bien, elle choisit un petit blanc aligoté venant de Bourgogne, en France, et un petit rouge venant des Pouilles, en Italie. Très bon choix, selon le tenancier. Elle ressort de la petit boutique, chargée des sacs contenant les bouteilles de vin et les achats venant des boutiques qu'elle a visité auparavant. Elle marche le long de la rue, chargée, et marchant pas très droit, à cause de ses chaussures à talon haut. Et bien sûr, quelqu'un la bouscule. Les bouteilles tombent et se cassent. D'habitude, elle est très gentille, mais là, ça fait quelque jours qu'elle est très énervée.

Wendy : Non, mais vous pouvez pas faire attention, non?!?
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Sam 15 Mai - 21:37

.Comment Maxence s'attira (encore) des ennuis ;


« Et, oh, Maxence ! J'allais oublier de te demander... pourras-tu faire quelques courses dans la matinée ? demanda Oprah Sparkling. Je t'ai fait une liste, je l'ai posée sur le buffet.
- Bien sûr, mère. » : répondit Maxence de son habituelle voix douce. Il ne lui serait jamais venu à l'idée de refuser.
Oprah embrassa son fils adoptif sur le front, puis enfila son manteau et quitta la maison. Maxence était libre, désormais, de faire ce qu'il voulait... ou presque.

Sortant quelques minutes plus tard, vêtu de son sempiternel manteau noir et de son châle clair, sorte d'uniforme du Maxence des Rues, le jeune homme prit la direction opposée à celle qu'avait choisie sa mère. Bien que Mr et Mrs Sparkling étaient bien conscients que leur fils traînaient la journée dans les quartiers pauvres de Londres, lui préférait qu'ils ne le voient pas partir dans une telle tenue. Il avait l'impression que cela leur aurait fait mal au cœur de ne pas avoir pu l'arracher totalement aux taudis.
A la fin de sa rue, il tourna vers la droite, s'approchant de plus en plus des quartiers pauvres. Au fur et à mesure de sa progression, des relents de plus en plus forts assaillaient sa narine. Le bruit se faisait plus bruyant que dans les quartiers résidentiels, l'air résonnant des cris des marchands pauvres, des jeunes enfants qui n'allaient pas à l'école, et des disputes incessantes qui éclataient très fréquemment. Bienvenue dans les quartiers pauvres de Londres, là où ruelles sombres, taudis et pauvreté sont les rois, au grand dam des habitants.
Pour sûr, lorsque Mrs Sparkling lui demandait d'aller faire des courses, ce n'était certainement pas aux boutiques de ce coin peu reluisant qu'elle faisait allusion.
Maxence se fondit immédiatement dans la foule. Tête basse, yeux rivés sur le sol, il passait totalement inaperçu, ressemblant à bon nombre de gamins. Seuls ses cheveux, soigneusement coiffés, auraient pu le dénoncer, mais seul un observateur avisé remarquait ce genre de détail. Et, s'il voulait se rendre dans la rue marchande de son quartier avant midi, mieux valait ne pas avoir à rentrer chez lui pour se coiffer.
Il passa un instant devant une minuscule maison aux fenêtres closes. Personne ne l'occupait depuis la mort de son ancien mentor, la vieille prostituée. Tout le monde évitait cette maison, celle de "la victime de Jack l'éventreur"... Rien que ce nom lui donnait la chair de poule. Si seulement il avait eu la chance de naître dans une famille bourgeoise, il aurait pu étudier et ! qui, sait, peut-être devenir détective ? Ce faisant, en réfléchissant sans regarder devant lui, il bouscula la première personne de la journée. Celle-ci lui jeta un regard noir, et il s'empressa de s'excuser avec une politesse qui désarçonna sa victime. Maxence profita de son étonnement pour filer.

Il n'était pas neuf heures et demie que déjà, Maxence avait récolté plus de dix livres. Il les avait glissé avec l'argent prévu pour les courses, dans une petite bourse qu'il gardait contre son cœur. Maxence connaissait le danger de la rue, les risques de vol. Bien qu'il ne s'y soit jamais essayé, il savait très bien comment procéder les voleurs... et, par conséquent, les manières de les contrer. Il faillit être victime d'une tentative, qui fut heureusement infructueuse. Il renonça à dénoncer le voleur en l'échange de trois livres que celui-ci venait de dérober. Doucement, il les rendit à leur propriétaire, qui ne comprit pas très bien pourquoi un gamin pauvre lui donnerait des sous. Evidemment, il ignorait tout de Maxence Gabriel.
Il passa ensuite une heure à faire la comptabilité du boucher, qui n'était pas capable de s'en occuper seul. Pour ce travail, le boucher lui faisait entièrement confiance, et Maxence recevait alors quatre petites livres. Il ne s'agissait pas d'une tâche très compliquée en réalité : il lui fallait compter l'argent hebdomadaire gagné sous l'œil vigilant de la bouchère, qui vérifiait qu'il ne volait rien ; ensuite, il reportait les recettes dans un calepin ; enfin, il s'occupait de soustraire les dépenses et additionner les recettes au capital de base. Un travail qu'aucun des employés ne se sentaient capables de faire, et que, pour des raisons d'économie, le gérant préférait confier à un gamin, surtout que celui-ci habitait dans des quartiers plus riches que celui-ci.
Puis ce fut pour lui l'heure de retourner dans la Londres moyenne. Il distribua les pièces qu'il avait gagné à un groupe de petites filles d'une demi-douzaine d'années, avant de quitter la rue.


Pénétrant dans la rue marchande, Maxence se sentit tout de suite mal à l'aise, étranger. Le regard des passants, tous mieux habillés que lui, se faisaient jaugeurs et perçants. Les commerçants qui l'apercevaient se mettaient à l'observer avec attention, comme s'ils craignaient qu'il tente de lui voler quelque chose. Il ouvrit son manteau noir, renoua son châle et arrangea ses mèches miel foncé, qui d'ailleurs n'étaient pas trop décoiffées.
Jetant un coup d'œil à la liste de sa mère, il s'approcha d'un étal de fruits et légumes. Il savait que sa mère adoptive appréciait la marchandise, et qu'elle connaissait bien le vendeur.
Celui-ci, le voyant arriver, aboya :
« Va-t-en, vaurien !
- Bonjour, Sir. » : répondit Maxence sans se démonter. Il lui adressa un grand sourire, et le marchand grogna.
« Tu me fais perdre mon temps, gamin. Je fais pas la charité ! (Ce qui donna envie à Maxence de grincer des dents.)
- Mais je suis un client, Sir, affirma Maxence, j'ai de quoi payer. Je suis le fils des Sparkling. (Il préféra éviter de signaler qu'il avait été adopté. Il était possible que le commerçant soit au courant, mais il en doutait - Oprah le considérait comme son fils) Je voudrais... »
De mauvaise grâce, le primeur accepta de le servir. Quelques minutes plus tard, Maxence repartit avec ses achats. Il songea avec tristesse qu'autrefois, cette quantité de nourriture aurait suffi à les nourrir, lui et ses parents, pendant quelques jours...
Plongé dans sa mélancolie rétrospective, il ne fit pas vraiment attention à ses pas. Il n'aperçut la jeune femme qui lui fonçait dedans qu'une fraction de seconde avant la collision. Il la bouscula. Elle ne tomba pas, mais lâcha les sacs qu'elle tenait à la main ; leur contenu se brisèrent dans un bruit de verre, et un liquide sombre se répandit sur le sol. Lui ne lâcha pas ses achats, mais se laissant entraîné par son élan, il se retrouva par terre, assis sur son postérieur.
Avant même de songer à se relever, il inspecta ses achats. Par chance, ils étaient tous en bonne état, excepté une pomme, à moitié réduite en bouillie. N'importe qui d'autre l'aurait jetée ; lui, ayant connu la misère, ne le fit pas. Au pire, si Mrs Sparkling n'était pas d'accord pour la consommer, il la garderait pour son propre usage. Mais Oprah, compréhensive, accepterait peut-être... Il jeta ensuite un coup d'œil à la jeune femme. Elle semblait réellement furieuse, ses yeux lançant des éclairs. Elle hurla :
« Non, mais vous pouvez pas faire attention, non ?! »
Plaît-il ?
Il lui lança un sourire désolé avant de reporter son regard sur les sacs. Décidément, le contenu était irrécupérable. Quel gâchis... une odeur de vin se faisait sentir. Odeur que Maxence n'avait pas l'habitude de sentir. Un peu chancelant, il se releva, faisant attention à ne pas malmener ses légumes plus que nécessaire.
La jeune femme fulminait.
« Excusez-moi, répondit-il avec sincérité, j'étais en train de songer... Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ? »
Sa personnalité, douce et sympathique, l'empêchait d'être en colère pour une faute dont il portait la responsabilité. Il détailla un instant la jeune femme. Le premier mot qui lui vint à l'esprit en la voyant fut "bleu". Ses vêtements, de facture correcte sans appartenir pour autant à la haute couture, déclinaient l'azur en différentes gammes. Même ses cheveux, très claires, s'apparentait à cette couleur ! Maxence se demanda comment il avait pu ne pas la remarquer. Elle contrastait avec tous ces gens qui portaient des couleurs plus ternes... comme lui. Il chercha à déterminer qui elle était. Sa tenue semblait à la fois étudiante et domestique... mais laquelle de ses deux fonctions étaient la sienne ?
« Avez-vous besoin de ses bouteilles aujourd'hui ? s'enquit-il. Je n'ai malheureusement pas assez d'argent pour toutes les rembourser, ma mère m'a chargé de certaines commissions. Mais demain midi, je pense pouvoir vous payer de nouvelles bouteilles, si vous le désirez. Je suis désolé, c'est tout ce que je peux faire. »
Du vin ! Mais cela coûtait bien trop cher pour son propre budget ! Oprah serait tout simplement furieuse lorsqu'elle apprendrait ce qu'il avait fait ! Sans doute lui donnerait-elle une partie de l'argent nécessaire ; le reste, ce serait à lui de le trouver. S'il ne donnait rien aux gamins des rues - cette pensée lui fendait le cœur - peut-être qu'il pourrait récolter assez pour payer une seule bouteille.
A supposer qu'elle n'en ait pas besoin le jour-même...
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 16 Mai - 13:18

Le gamin se confond en excuses, il propose de racheter des bouteilles lui-même si elle n'en a pas besoin pour aujourd'hui. Pas de chance! Les bouteilles de rouges étaient pour ce soir... Mais ce n'est pas gave, parce que Wendy peut en racheter, elle a l'argent, et son maître ne regarde pas trop les factures. Du moins, elle espère... Et puis comme le gamin a l'air sincère, elle regrette de s'être mise en colère pour pas grand chose.

Wendy : Non, mais c'est pas la peine... Ca peut se racheter, et ce n'est pas comme si on était loin de la boutique!

Et la domestique regarde le jeune homme. Il est habillé comme un gamin des rues, mais il se tient et parle comme un bourgeois ou presque un noble... Il est très poli, et ne s'est pas enfui après qu'elle l'ai apostrophé... Mais qui est donc ce gamin?

Wendy : Vraiment, excuse moi de t'avoir crié dessus, je suis un peu à cran en ce moment, mais ce n'est rien du tout... Pas la peine de rembourser, Sir Gabrielli pourra en repayer d'autres, tu sais...

Cette parole lui arrache presque une grimace. Elle sait qu'elle doit le dire pour rassurer le gamin et pour le convaincre de ne rien payer, mais dire du bien de Sir Gabrielli alors qu'elle va faire cela à l'insu de son maître, non, c'est trop. Allez, plus que neuf mois et vingt quatre jours, se dit-elle, après cela, elle sera libre de partir selon son contrat.

Et puis elle voit les légumes dans le sac du gamin. Des légumes! Pour sûr, ce n'est pas un gamin des rues, et ses parents sont riches! Mais que fait-il accoutré de la sorte?

Wendy : Mais dis moi, il me semble que tu es habillé bien étrangement pour un gamin qui peut s'acheter des légumes... Qui es tu?

Elle ne dit cela que par curiosité, elle préfère le savoir dit par le garçon lui-même plutôt que de faire appel au pouvoir de sa pierre. C'est toujours plus poli, et ça engage la conversation.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Lun 17 Mai - 19:42

.Comment Maxence mentit (encore) par omission ;


Malheureusement pour lui - mais heureusement pour son budget - la jeune femme, radoucie, répondit à la négative.
« Non, mais c'est pas la peine... Ça peut se racheter, et ce n'est pas comme si on était loin de la boutique ! »
Elle se mit à le détailler de façon précise. Maxence ressentit le besoin de se dérober à ce regard inquisiteur, de se cacher ou de s'enfuir. Mais il n'en fit rien. Il se força à rester immobile, plus ou moins maître de lui-même, en évitant de rougir. Il détestait ce regard, qu'il attirait lorsqu'il se rendait dans cette rue. Il savait très bien quelle question y était associée... Non seulement il n'aimait pas être le centre de l'attention, mais il avait absolument horreur de se justifier.
Elle continua, un peu plus calme qu'avant :
« Vraiment, excuse moi de t'avoir crié dessus, je suis un peu à cran en ce moment, mais ce n'est rien du tout... Pas la peine de rembourser, Sir Gabrielli pourra en repayer d'autres, tu sais... »
Sir Gabrielli ? C'était un nom qu'il avait déjà entendu, bien qu'il n'ait jamais rencontré la personne en question... Pourtant, il ne pouvait se rappeler pourquoi il connaissait ce patronyme. Certes, ce devait être un étranger, c'était une explication possible. Un voisin de la jeune femme qui lui aurait demandé un service ? Pourtant, elle ne l'aurait pas appelé "Sir"... Mais ce fut surtout le ton de sa voix qui lui mit la puce à l'oreille. Elle avait prononcé le nom avec un respect ironique, et sa bouche s'était déformée en un drôle de pli. Bien que mal éduqué, Maxence avait la chance d'être vif d'esprit. Il comprit que ce monsieur Gabrielli devait être l'employeur de la jeune femme. Et donc, que ce devait être un noble...
Mais oui, bien sûr, un aristocrate ! C'était Liam qui lui en avait parlé ! A l'occasion d'une réception au manoir Gabrielli. Selon son père, c'était un crétin, mais "il ne fallait pas le dire". Ce qui signifiait clairement : en face de lui, tu te tais et tu t'écrases. Pauvre jeune femme, si elle travaillait pour lui, elle devait souffrir...
C'était donc ce qu'elle était. Pas une étudiante, mais une domestique à la tenue un peu particulière. Pas étonnant qu'elle ait de quoi payer les bouteilles de vin ! Dire qu'il avait envie rembourser quelqu'un qui était mille fois plus riche que lui...
Les yeux de la jeune femme se posèrent sur son sac.
« Mais dis moi, il me semble que tu es habillé bien étrangement pour un gamin qui peut s'acheter des légumes, fit-elle remarquer, curieuse. Qui es tu ? »
La simple question était déjà suffisante pour que Maxence se referme comme une huître.
Silencieusement, il l'observa comme une proie acculée face à son prédateur. Sans savoir pourquoi, il avait l'intuition qu'elle savait comment lui délier la langue. Peut-être était-ce une qualité essentielle d'un domestique, de savoir se renseigner, détourner des informations... Pour ce qu'il en savait, un domestique pouvait aussi bien être en fait un espion, et le peuple ne serait pas au courant. Ce qui se passait dans les manoirs était auréolé de mystère, et les non-nobles qui y pénétraient refusaient toujours d'en parler. Enfin, de lui en parler, en tout cas.
Et puis, la gentillesse de Maxence le taraudait. Certes, il n'avait pas l'intention de mentir - cela irait contre ses principes, il considérait qu'il avait une petite dette envers cette jeune femme, même si l'argent n'était pas la monnaie d'échange, plus pour le temps qu'il lui avait fait perdre - mais ne souhaitait pas non plus commencer un exposé du type Bonjour, je m'appelle Maxence Gabriel né de Jon Gabriel et Emily Riptide, adopté par Oprah et Liam, j'ai quinze ans et demi, etc... ça hors de question ! Et pourquoi pas lui rédiger son autobiographie tant qu'il y était ? Il lui fallait mentir, mais sans mentir. Ce que Maxence appelait "mensonge par omission" : ne dire que la vérité, mais la tourner à son avantage. Une forme de mensonge totalement sûre (ou presque) et qui nécessitait une certaine intelligence.
... Bon, alors, comment tourner cela ?
Il lui fallait à tout prix éviter de lui dire son nom, son prénom, son âge et le lieu où il habitait. Elle devait comprendre qu'il ne vivait pas dans cette rue exactement, sans pour autant lui donner de véritables indications. Quant à lui expliquer pourquoi il pouvait acheter des légumes... et s'il était un voleur, comment réagirait-elle ?
Voyant qu'elle continuait de le contempler avec insistance, Maxence se décida à sortir en partie de son mutisme.
« Je suis un gamin qui peut s'acheter des légumes. »
Hum... C'était complètement... lamentable. Pitoyable. Il allait devoir faire fort pour arranger le coup.
« La réponse à cette énigme repose peut-être sur le fait que je ne suis pas celui auquel je ressemble, répondit-il en citant une phrase d'un de ses romans favoris. Mais je ne veux pas non plus avoir l'air de me vanter ou ressembler à un gosse de riches. J'ai juste eu de la chance, quoi. De quoi me payer des légumes. Vous savez, n'importe quel gamin des rues peut s'en payer, suffit qu'il décide de dépenser son argent ainsi, mais c'est vrai que ce n'est pas bon marché. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais rien dépensé, ou j'aurais acheté du pain. C'est cher, les légumes. »
Il sourit intérieurement, son visage restant de marbre. Pas mal du tout, cette réponse. Beaucoup de blabla inutile, mais si l'on s'y prenait bien, on pouvait y trouver les informations essentielles, à savoir qu'il avait été de la rue, qu'il avait pu s'en sortir et qu'il dépendait de l'autorité de quelqu'un, sans doute ses parents. Et tout cela était vrai.
Maxence n'aurait jamais cru pouvoir atteindre un tel niveau dans le mensonge. Quand il était jeune, il se semblait faible et stupide. Il était toujours un peu faible, mais stupide, beaucoup moins, grâce à l'éducation des Sparkling. On pouvait s'en sortir, il suffisait d'avoir de la chance. C'était son histoire, quelque chose de très personnel qu'il venait de lui communiquer. Simplement, serait-elle capable de démêler le vrai du faux ? Il en doutait, non qu'elle soit idiote, elle avait l'air plutôt intelligente. Mais personne n'avait jamais été capable de comprendre le sens caché de ses phrases. Il savait lui-même que si quelqu'un lui parlait ainsi, il ne chercherait ces informations que par habitude, mais sans vraiment les trouver. Ô merveilles du cerveau humain...
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mer 19 Mai - 14:40

Le gamin dit la vérité, mais pas entièrement. Wendy le sait très bien, et elle respecte. Elle ne va pas le sonder, finalement, puisqu'il lui a dit en quelque sorte ce qu'il était : un gamin qui avait de l'argent, mais qui ne s'abaisse pas au niveau des riches. C'est pour cela qu'il l'a aidée à se relever lorsqu'elle est tomber. Donc, Wendy se dit que s'il a des choses à cacher, c'est bien pour une raison, et elle ne va pas revenir dessus. Mais elle se rappelle qu'elle aussi a failli avoir de la chance, avec ses parents artistes, et finalement, aucun des deux n'a fait fortune... Mais elle ne peut pas leur en vouloir, ils ont essayé, mais qui ne tente rien n'a rien!

Wendy : Tu as eu une sacrée chance, alors. Moi aussi, j'étais une gamine des rues, et pour aider mes parents, je suis devenue à l'âge de neuf ans une domestique... Je ne regrette rien, parce que je me dis que si je n'avais pas fait ce choix de vie, je serai peut-être morte de faim, mais toi, tu as eu de la chance de ne pas tomber là-dedans!

Wendy ne dit cela que parce qu'elle a besoin de parler. Tous les autres au service d'Alessandro sont rompus, épuisés par leurs tâches, et elle ne peut pas en parler à son maître! Mais ce sont des choses qui lui pèsent sur le coeur depuis très longtemps. Ca lui fait vraiment du bien de parler. Et puis, elle sait que tout le monde n'a pas la même pierre qu'elle, et donc qu'elle doit parler pour que les autres sachent son bonheur. Elle se dit que finalement, ce n'était peut-être pas le meilleur pouvoir à désirer, la lecture dans les pensées, car ça la rendait responsable de tas de choses, de secrets qu'elle n'était pas censée connaître, sans que personne ne sache vraiment rien d'elle. D'ailleurs, personne ne sait qu'elle a une pierre. Bien cachée sous son genou, personne ne l'a jamais vue et elle ne l'a jamais mentionnée à personne. Peut-être cela valait-il mieux pour tout le monde. Que l'on sache qu'elle a ce pouvoir aurait effrayé les gens. Et elle n'aurait jamais trouvé d'emploi en tant que domestique, ni n'aurait été accepté dans son école, car son pouvoir lui permettrait de tricher sans vergogne.

Mais revenons au garçon. Wendy est tombée dans ses pensées elle l'a presque oublié, et quand elle revient sur Terre, elle est presque surprise de sa présence. Puis, elle se rappelle, et lui demande alors :

Wendy : Mais je parle, je parle, mais comment t'appelles-tu?

Il répond, il répond pas, tant pis, Wendy se dit qu'elle engage quand même la conversation au lieu d'installer un malaise qui fermerait définitivement la bouche du garçon. C'est toujours ça.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 23 Mai - 0:01

.Comment Maxence tenta de détourner la discussion ;


Apparemment, la jeune femme n'était pas une idiote. Les domestiques bénéficiaient-ils d'une éducation particulière qui leur permettait de déchiffrer des messages ainsi codés ? Si c'était le cas, il avait intérêt à revoir sa stratégie... Encore que cela s'avèrerait sans doute très compliqué pour lui, qui avait appris à manier ainsi le langage en dévorant des livres qu'il n'avait compris qu'au bout de maintes lectures - eh oui, l'éducation de la rue laisse un peu à désirer...
La domestique ne se laissa pas désarçonner par son expression glaciale. Au contraire, sa réponse fut aussi chaleureuse que s'il lui avait dit qu'elle était belle - et elle l'était, encore fallait-il aimer le bleu... qui n'était pas la couleur favorite de Maxence.
« Tu as eu une sacrée chance, alors. Moi aussi, j'étais une gamine des rues, et pour aider mes parents, je suis devenue à l'âge de neuf ans une domestique... Je ne regrette rien, parce que je me dis que si je n'avais pas fait ce choix de vie, je serai peut-être morte de faim, mais toi, tu as eu de la chance de ne pas tomber là-dedans ! »
Elle avait compris l'essentiel. Elle montait dans l'estime de Maxence. Il s'était toujours dit que le peuple avait l'esprit plus vif que l'aristocratie, trop embrouillée par ses manœuvres inutiles pour acquérir encore et toujours plus de puissance. Ridicule. Au fond, le peuple, lui, malgré son manque d'éducation, comprenait encore les valeurs réelles de la vie. La survie était plus importante que le luxe. Quand on a le premier, on peut s'octroyer l'autre, mais l'inverse n'était pas réciproque.
Il était vrai que lui-même manipulait le langage comme n'était pas censé le faire quelqu'un d'aussi basse extraction. D'ailleurs, ce n'était même pas cohérent. Mais il avait lu, et sa famille actuelle était suffisamment aisée pour lui payer une bonne éducation. Malgré tout, il se sentait proche de ces gens qui n'avaient pas cette chance, comme lui. Il avait tendance à les idéaliser, même les plus infâmes.
L'histoire de la jeune femme le touchait, mais il prit soin à ne pas le laisser le voir. Il était presque un homme, il n'allait pas se mettre à manifester ses émotions ! ... c'était du moins ce que disait Liam Sparkling. Et, puisque son vrai père ne pouvait plus être fier de lui, l'adoptif devait l'être. Qu'une jeune fille soit obligée de se vendre à un noble pour aider ses parents était révoltant. L'école n'était-elle pas censée être obligatoire jusqu'à onze ans ? On ne pouvait pas étudier dans de bonnes conditions lorsqu'on travaillait ! Enfin, c'était toujours mieux que de devoir vendre ses charmes... cela se faisait, de toute façon. C'était horrible, mais Maxence n'y changerait rien.
La jeune femme semblait tout à coup l'avoir oublié. Elle semblait perdue dans ses pensées et, bien que ses yeux soient restés rivés sur lui, ils ne le voyaient plus. Il songea un instant à prendre la fuite, à s'en aller... mais il ne le fit pas. Somme toute, elle était plutôt gentille. Et elle ne s'immisçait pas trop dans sa vie privée. Et puis, son fichu sens de l'honneur lui commandait de rester sur place. D'abord, parce que cela aurait été extrêmement malpoli. Ensuite, toujours parce qu'il avait brisé les bouteilles. Il sentit qu'il allait longtemps regretter d'avoir laissé libre cours à ses pensées...
Elle revint soudain à elle, le considérant avec un début de surprise qui lui confirma qu'il aurait pu partir en douce sans qu'elle s'en aperçoive. Trop tard, à présent. Elle réfléchit quelques petites secondes avant de clamer :
« Mais je parle, je parle, mais comment t'appelles-tu ?
Aïe. La question à ne pas poser.
Elle se croyait bavarde, mais elle était tout de même restée un long moment silencieuse. Il lui lança un pauvre sourire. Bien embêté, le petit Maxence ! Sa subtile petite manœuvre n'avez finalement servi à rien. Comment répondre, cette fois, et toujours sans vraiment mentir ? Il aurait été facile de prétendre s'appeler Alfred, William ou Clark, mais cela lui aurait laissé un arrière-goût sur la langue. Il aurait alors complètement raté son mensonge par omission, qu'il affectionnait pour sa complexité et son efficacité plus sûre.
« Max. » : finit-il par avouer.
Et encore, ce n'était que son surnom. Donc, ce n'était pas un mensonge, mais il s'appelait Maxence, pas Max. Et il préférait encore qu'on l'appelle Maxie. Petite ruse assez maligne de sa part, il lui fallait espérer que cela suffise.
Il se rendit compte qu'il ignorait son nom à elle. A lui d'y remédier ! Mais se posa un petit problème. Devait-il lui donner du mademoiselle ou du madame ? Ah, ce serait bien plus simple si seulement elle avait été un homme ! Il finit par éluder cette question ridicule.
« Et vous ? » Simple, direct. Sans problème.
La jeune femme n'avait pas l'air aussi butée que lui. Elle le lui dit. Ainsi, son prénom était Wendy ? C'était joli, mais pas autant que Maxence (qui est un prénom mixte je le rappelle). Enfin, j'ai l'air de le décrire comme un narcissique. Il ne l'est pas, il aime juste son prénom.
Wendy donc.
« Eh bien Wendy, annonça-t-il d'une voix neutre mais plutôt amicale, ne devriez-vous pas retourner acheter ces bouteilles pour Mr Gabrielli ? (Pas question pour lui de lui donner un quelconque titre, non mais !) Même si je n'achète pas vos bouteilles, je peux au moins vous accompagner, afin de me faire pardonner ? »
Il espérait qu'elle comprendrait que ce revirement de situation était un moyen pour détourner la conversation. Il ne voulait vraiment pas parler de lui, encore moins de son passé. Si elle avait envie de raconter sa propre histoire, libre à elle. Il était tout à fait disposé à l'écouter. Il n'avait pas vraiment d'amis, et même si ce n'était pas dans sa nature de vouloir se lier d'amitié avec tous les inconnus qu'il rencontrait, ce serait pour lui sympathique d'avoir une petite "conversation" avec une jeune femme qui n'était pas stupide ni trop distinguée. Quelqu'un qui ne le prendrait pas de haut à cause de ses habits, ou qui ne refuserait pas de le fréquenter parce qu'il était trop riche...
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 23 Mai - 15:54

Wendy sent bien qu'il essaie de détourner la conversation. Eh bien, qu'il en soit ainsi. Après tout, il est vrai qu'il faut qu'elle achète de nouveau les bouteilles, et s'il lui propose de l'accompagner, pourquoi ne pas accepter? Au moins, elle aura un peu de compagnie, et ne se sentira pas trop seule et honteuse en rentrant à nouveau dans la boutique pour faire le même achat. Et puis, faut bien qu'elle se distraie un peu, avec toutes les tensions qu'elle subit depuis quelques jours chez son nouveau maître...

Wendy : Oh, alors là, pas de refus pour que tu m'accompagnes!

Elle regarde sa liste spécial Alessandro Gabrielli, pour voir où elle en est dans ses achats. Il ne lui reste plus qu'un peu de fromage italien, et le bouteilles. Ensuite, elle aura fini. Wendy sourit en voyant cela. Elle en aura bientôt fini avec cette fichue liste!

Elle se retourne et se dirige vers la porte de la boutique. Un petit coup d'oeil derrière elle pour voir que le garçon la suit, puis elle rentre à l'intérieur du magasin.

Wendy : Mais, dis moi, tu as quel âge? Physiquement, on dirait que tu as une quinzaine d'années, mais quand tu parles, j'ai l'impression que tu as au moins vingt-cinq ans... C'est super troublant...

Wendy a abandonné complètement l'idée de sonder ses pensées. Pour une fois qu'elle rencontre quelqu'un de vraiment sincère dans ce monde d'hypocrites, elle ne veut pas tricher du tout. Elle préfère faire aller les choses comme elles viennent. Advienne ce qui pourra.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Jeu 27 Mai - 20:56

.Comment Maxence détourna (encore) une question ;


Wendy en réalité sembla plutôt ravie de la compagnie. Ou peut-être qu'elle l'appréciait déjà. Qui sait ? Il en avait déjà assez révélé pour qu'elle ait une opinion sur lui.
« Oh, alors là, pas de refus pour que tu m'accompagnes ! » : s'exclama-t-elle joyeusement.
Elle sortit de nulle part - enfin, du point de vue de Maxence - une petite liste de course. Il eut le temps de lire "fromage italien" avant que la feuille soit hors de son champ de vision. Lorsqu'elle la consulta, une expression soulagée apparut sur le visage de Wendy. Le sourire qui illuminait sa figure la rendait décidément plus jolie, plus noble aussi. La pure gentillesse et le simple bonheur avait plus de majesté aux yeux de Maxence qu'une attitude hautaine et excessivement distinguée. Le jeune homme devina qu'elle devait avoir bientôt terminé sa corvée.
Rangeant la liste, elle retourna dans la boutique qu'elle venait de quitter, là où elle avait acheté les bouteilles brisées. Elle regarda un instant dans sa direction. Il lui adressa un petit signe de la main et lui emboîta le pas avec douceur et lenteur, non comme s'il ne souhaitait pas se retrouver dans ce magasin avec elle, mais parce que c'était sa démarche habituelle. Il sera son propre sac de légumes en franchissant le seuil.
Le vendeur eut l'air surpris en voyant de nouveau Wendy, sans ses bouteilles. Maxence eut instinctivement un sourire gêné avant de reporter son attention sur l'intérieur. C'était essentiellement un marchand de vin, et les quelques autres produits que les étals austères et dignes proposaient n'intéressaient pas les parents du jeune homme. Il prit son mal en patience et tenta de se trouver un petit coin tranquille où il ne gênerait personne. Malheureusement, les locaux étaient un peu trop exigus, et la place réservée aux clients était déjà presque occupée. Il se résolut donc à attendre à côté de Wendy. Celle-ci, pleine de vie, ne semblait pas gênée par le fait que de nouveaux clients l'aient désormais devancée.
Alors qu'il aurait bien aimé un peu de silence pour réfléchir en paix aux différentes raisons qui l'avaient poussé à se trouver dans une boutique où il passerait plusieurs dizaines de minute sans doute sans avoir aucune intention de ne rien acheter, Wendy lança :
« Mais, dis moi, tu as quel âge? Physiquement, on dirait que tu as une quinzaine d'années, mais quand tu parles, j'ai l'impression que tu as au moins vingt-cinq ans... C'est super troublant...
H-S*.
MAIS QU'EST-CE QU'ILS ONT TOUS AVEC MON ÂGE ?
Maxence restait calme comme un morceau de glace... extérieurement. Intérieurement, il commençait à saturer. Sa gentille petite nature (et son sens de l'honneur débile) l'empêchait de se mettre à frapper copieusement Wendy devant tout le monde. Et même une petite conscience qui lui disait qu'on ne frappait pas les gens en public, ni qu'on n'avait pas le droit de violenter quelqu'un. Maxence n'était pas vraiment énervé, mais il était vrai que là, ça commençait à faire beaucoup.
Hé quoi, n'avait-il pas tout fait pour empêcher cette question ? Il pensait avoir été clair sur cette volonté de ne rien dévoiler sur lui. Peut-être était-elle moins intelligente que ce qu'il pensait. Ou tout simplement beaucoup trop curieuse. Enfin, le besoin de tranquillité et de calme ne devait pas être très difficile à comprendre quand même ?
« Mon âge, quelle importance ? demanda-t-il de façon rhétorique. Il change toutes les années. Mais si vous y tenez tellement... »
Son visage perdit toute trace de chaleur. Seule sa gentillesse naturelle demeurait dans ses yeux.
« J'ai l'âge que je parais être. Je vous en dirais plus, mais... à vous l'honneur. Quel est votre âge ? »
Même si cela ne se faisait pas de demander son âge à une dame, il voulait surtout lui faire comprendre que ce n'était pas très agréable d'être questionné ainsi...
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Ven 28 Mai - 15:47

Très étrange, ce gamin, n'empêche... Toujours en train d'éluder les question... Même s'il le fait avec une pointe d'humour (du moins, ce que Wendy avait cru discerner), c'est un peu désagréable de parler à un huitre qui se referme à la moindre question posée... Et il semblait vraiment tenir à ce que tout ce qui le concerner restât secret! Alors qu'au contraire, Wendy avait fait tout son possible pour lui paraître agréable et ouverte, lui racontant ses point de vue et répondant à chacune de ses question.

Et quand il lui demande son âge, Wendy tenterait bien un "c'est secret", pour faire comme lui, mais elle ne veut pas faire cela. Car malgré tout, le garçon ne lui est pas antipathique. Et elle n'a pas honte de son âge!

Wendy : J'ai 24 ans.

Elle n'a rien dit d'autre. Fermer la conversation engage toujours un malaise, et Wendy le sait parfaitement. Elle connaît bon nombre des techniques de persuasion après toutes ces années passées auprès de Mr et Mrs Hamilton. Elle sait que se situer physiquement plus haut, par exemple sur une marche ou une petite estrade, impose généralement le respect à celui qui doit regarder en hauteur pour voir son interlocuteur. Elle sait aussi que couper la conversation met mal à l'aise celui qui se la fait couper. Parce qu'on ne lui demande plus son avis, ni ne s'intéresse à lui ; et très souvent, la personne "ignorée" revient d'elle-même à la charger. Wendy veut que ce soit le garçon qui vienne tout seul cette fois. Elle a fait assez d'efforts pour paraître agréable, maintenant elle ne veut plus se fatiguer. S'il veut des informations sur elle, ce sera donnant-donnant. Et pas unilatéral.

Elle se tourne vers le sommelier :

Wendy : Figurez vous que j'ai eu un bête accident juste devant votre enseigne, et j'ai brisé toutes les bouteilles... Il me faudrait la même commande, si cela est possible...

Le sommelier acquiesce, et va dans la cave pour rapporter les quatre bouteilles pour Sir Gabrielli. Et pendant quelques instants, Wendy et le garçon se retrouvent seuls dans le magasin, dans le silence que Wendy a intentionnellement crée.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mar 1 Juin - 19:27

.Comment Maxence céda (mais à moitié) ;


Il sentit qu'il commençait à agacer très légèrement Wendy. C'était dommage, son grand cœur détestait agacer les gens. Mais aussi, elle n'avait qu'à ne pas se mêler de sa vie, ni lui demander autant d'informations privées ! Enfin, bref. Elle n'était pas obligée de répondre après tout.
« J'ai vingt-quatre ans. » : annonça-t-elle.
Mais elle le fit quand même.
Maxence la regarda avec des yeux ronds. Vingt-quatre ?! Elle ne les faisait pas du tout ! Peut-être était-ce dû à la couleur bleue de ses cheveux, qui rendait immature son visage encore un peu juvénile. Peut-être aussi parce qu'elle trouvait qu'il parlait comme un homme de vingt-cinq ans, et que du coup il avait l'impression qu'elle en avait elle-même vingt. Enfin, elle avait encore ce charme adolescent un peu naïf, et déplacé chez un adulte, propre aux jeunes filles de dix-huit ans. Maxence n'arrivait pas à croire qu'il ait pu se laisser berner. Certes, elle s'exprimait comme une jeune femme, mais elle n'était pas une grand-mère ; pourquoi cela la classerait-elle comme mineure, alors que de nombreuses personnes de la vingtaine utilisaient ce langage ? Décidément, il se sentait bien idiot.
Et apparut immédiatement un sentiment de culpabilité, d'avoir donné à Wendy un âge qu'elle avait déjà dépassé depuis longtemps.
Elle s'adressa au sommelier et lui expliqua la situation. Le marchand ne parut pas mécontent d'avoir à la servir de nouveau - et pour cause, cela lui rapportait de l'argent - bien au contraire. Alors qu'il se détournait, il eut même un petit sourire moqueur et méchant. Wendy n'avait pas pu le voir, le vendeur ayant pris bien soin de lui cacher son visage, mais il avait oublié Maxence. Celui-ci se sentit révolté par une attitude aussi puérile et méprisante, celle d'un homme corrompu par l'argent et la luxure. Pas le moindre brin de compassion envers un autre humain. Les clients ? un simple gagne-pain. Il ne se rendait sans doute pas compte qu'ils avaient une âme... et aussi des yeux pour le surprendre. Mais il descendit avec le naturel d'un vendeur, d'une démarche neutre et par conséquent purement mercantile.
Il hocha brièvement la tête mais, cette fois, elle ne desserra pas les lèvres. Bingo ! elle avait enfin compris que pour lui, l'une des plus merveilleuses choses au monde, qui faisait que la vie valait la peine d'être vécue, c'était le silence. Elle se taisait, de ce silence forcé et un peu lourd, planant dans l'air comme une menace - bien que ce n'en soit pas du tout une. Une atmosphère lourde s'installait, mais c'était justement ce qui plaisait à Maxence. Le silence avait ce petit bruit caractéristique, celui des sons de la vie. Une respiration lente et régulière, un grincement du plancher, les bruits de pas lointains du sommelier et son sifflotement joyeux, presque inaudible. Dans le silence, Maxence retrouvait une dimension de la vie qu'il tendait à oublier, sa diversité et son amplitude. La vie était immense, et s'emparait même des choses inanimés. Maxence s'en trouvait apaisé.
Il regarda Wendy avec un œil nouveau. Visiblement, ce silence n'avait été créé que pour le forcer à sortir de ses retranchements. Cela faisait longtemps qu'on ne lui avait pas fait un coup pareil. Mrs et Mr Sparkling s'y étaient cassés les dents, sans succès. Il perçut un peu de la lassitude de Wendy. Était-elle vexée qu'il veuille lui en dire si peu ? Voyons, il l'avait prévenue : il ne voulait pas parler de son passé. Ses questions à elle étaient si intimes et si indiscrètes... Son vécu ne lui plaisait guère, non parce qu'il était un gamin de rues, mais parce que ses parents, ses chers protecteurs, l'avaient abandonné, par maladie ou lâcheté, et qu'il avait été arraché à son univers pour découvrir une classe sociale plus aisée et plus rigide. On s'habituait si vite au confort, cela faisait peur au jeune homme ; il était plus difficile de monter que de descendre l'échelle sociale. Wendy essayait elle aussi de gravir les échelons, et résultat elle fréquentait les nobles. Elle finirait par calquer son attitude sur la leur, copiant ses maîtres parce qu'ils "se comportaient de la meilleure manière qui soit". Mais le monde pouvait se passer d'eux, comme il pouvait se passer d'un gamin des rues gentillou mais si pauvre qu'il ne contribuait pas vraiment à la société. Alors pourquoi parler de lui, alors qu'il n'avait rien d'exceptionnel.
Il remarqua qu'elle évitait de le regarder sciemment, comme pour accentuer sur le fait qu'elle ne "voulait" plus parler. Ce qui était encore plus un appel à la conversation. Ceux qui vous ignorent ostensiblement soit s'intéressent fortement à vous, soit ne peuvent pas du tout vous supporter. A part briser ses bouteilles, la contraignant à en racheter de nouvelles, et ne pas répondre à des questions trop personnelles, il n'avait rien fait pour s'attirer son courroux. Il était impoli, mais c'était pour lui un bien piètre mal pour protéger sa vie privée. Il préférait mentir.
Le marchand revient avec les achats de Wendy, son visage inexpressif plutôt amical. Mais Maxence sentait bien qu'il était intérieurement ravi d'avoir pu lui extorquer encore plus d'argent. Bah, il s'en fichait de cette partie, c'était celui d'un aristocrate qui ne devait pas en manquer ; le vrai problème, c'était la perte de temps qu'il avait causé à Wendy.
« Et vous, jeune homme, que voulez-vous ? s'enquit le vendeur de son atroce voix mielleuse - un appel implicite à la consommation.
- Rien, répondit abruptement l'intéressé, excédé par ce comportement, j'accompagnais la demoiselle. »
Les yeux du sommelier s'étrécirent, signe extérieur de son désappointement furieux. Son sourire se fana un peu tandis que d'une voix un plus rauque et plus dure, il ordonna : « Alors sortez. »
Maxence exécuta un petit salut militaire, qui se voulait malicieux et insultant, et sortit sans un mot de la boutique. Il murmura tout de même un insolant « Au revoir m'sieur ! »
Lorsqu'il déboucha dans la rue, dos à Wendy, il s'autorisa un petit sourire satisfait avant de reprendre son masque en fer, sans parvenir à chasser la sempiternelle lueur de gentillesse qui trônait dans ses yeux. Quelques secondes plus tard, la jeune domestique le rejoignit. Il se tourna vers elle, songeant avec fierté qu'il n'avait pas cédé à son chantage.
« Avez-vous encore d'autres achats à effectuer ? interrogea-t-il de sa voix chaleureuse, qui contrastait avec la dureté de sa figure. Si oui, je me propose de vous accompagner. J'ai moi-même des courses à faire, donc je pourrais peut-être me rendre dans les mêmes boutiques que vous... si elles ne proposent pas des produits trop luxeux. » : ajouta-t-il avec un sourire un peu douloureux.
Elle ne répondit pas tout de suite, et cela l'alarma. Il plongea son regard dans le sien, et fut surpris de constater qu'elle s'en tenait à son silence forcé. C'était pas vrai, elle n'allait quand même pas l'obliger à dévoiler toute sa vie privée quand même ? En pleine rue en plus ! Mais en quoi son âge pouvait-elle l'intéresser ? Celui de Wendy ne lui avait pas appris grand-chose. Enfin, il aurait pu le renseigner sur bon nombre de points sur la personnalité et la vie de Wendy, pour peu qu'il y prête attention et y réfléchisse sérieusement... mais il s'en fichait un peu, et était pour la protection de l'intimité de chacun. Savoir qu'elle avait vingt-quatre lui avait juste fait remarquer qu'il s'était trompé dans son estimation, point final. Wendy n'irait sans doute pas aussi loin dans ses conjectures que lui, qui à force de réfléchir aux moyens de ne rien révéler finissait par savoir comment deviner ce que l'on cachait, mais que penserait-elle en apprenant qu'il n'avait bien que quinze ans ? Quinze ans, et qu'il avait déjà un ego contradictoire, fier de lui mais aussi (un peu trop) serviable ? Qu'en conclurait-elle sur son foutu sens de l'honneur ?
Il continuait de la fixer, et acquis la conviction qu'elle avait finalement trouvé la faille dans sa carapace. L'honneur. La-dessus, c'était elle qui avait l'avantage. Il pouvait bien ne pas répondre à ses questions, il se sentait obligé de l'aider, et elle ne l'accepterait qu'en échange "d'informations". En ce moment-là, il détestait vraiment avoir une conscience aussi sensible et une générosité à toute épreuve. Elle gagnait, c'était indéniable.
Il soupira, comprenant qu'il ne pouvait que céder. Mais à sa manière.
« C'est bon, j'ai compris, grommela-t-il, mécontent. Vous voulez que je parle de moi ? Et bien allons-y, si vous y tenez. Quand je dis que j'ai l'âge que je parais avoir, je parle physiquement. Et oui, je n'aime pas mon âge, la jeunesse n'apporte que des inconvénients mentaux. On est jeune, donc stupide et immature. »
Il se renferma un instant dans un silence buté, un peu contrarié d'avoir dû lui adresser la parole. Mais sa part gentille, si envahissante, l'obligea à revenir à l'assaut, mais cette fois sans la moindre trace d'amertume dans sa voix - un ton neutre qui apparaissant comme très chaleureux.
« Vous en voulez encore plus ? Tiens, je vais vous raconter un souvenir. Quand j'avais trois ans, j'habitais à la ferme avec mes parents. C'est bizarre, non, un gosse des rues à la campagne, n'est-ce-pas ? Très révélateur. Je reprends mon anecdote : à trois ans, à la ferme, je suis tombé malade. On avait pas de quoi me payer un docteur, d'ailleurs, il n'y en avait pas au village. Une nuit, je suis sorti de mon lit et suis allé dans l'étable, avec les vaches, et je leur ai raconté mon plus grand secret. Non, je ne vous dirais pas lequel. Résultat, quelques plus jours plus tard, alors que j'étais presque rétabli, j'ai appris que mon père savait ce que j'avais raconté aux vaches. J'ai cru mourir de honte. »
Il était vrai que cela ne s'était pas passé exactement comme ça, mais il avait tellement l'habitude de mentir qu'il arrivait à s'en convaincre lui-même alors qu'il racontait son bobard. C'était plutôt sa mère, la rude mais si aimée Emily, qui l'avait forcé à dormir avec les animaux, et pas parce qu'il était malade, plutôt parce qu'il était insupportable et que son père, le tendre et dévoué Jon, était cloué au lit avec de la fièvre. Il n'avait pas vraiment murmuré son secret - qu'il rêvait que le voisin les vire pour qu'ils aillent s'installer dans la grande Londres - du coup, Emily l'avait entendu. Il s'était pris une bonne raclée la-dessus.
Mais en déformant son histoire, il arrivait à véhiculer une idée d'une manière polie et distrayante. Sans compter que sauf si elle était habituée à déceler les mensonges, Wendy n'y verrait que du feu. Et même si elle soupçonnait un détournement de sa part, sur une histoire de cette longueur, il lui serait difficile de savoir ce qu'il avait oublié, ajouté ou modifié. Sans être un maître des mots, Maxence s'entraînait au mensonge.
« Vous savez comment sont les enfants, continua-t-il, leur vision de la vie est faussée par leur grande imagination. J'ai tout bonnement cru que mes chères amies laitières avaient trahi ma confiance en racontant ce que j'avais dit à mes parents. »
Il secoua la tête d'un air las, comme s'il trouvait cela déplorable - et en fait... ça l'était.
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Sam 5 Juin - 11:30

Wendy sourit -mais tente de cacher ce petit rictus. Ce jeune homme avait beau l'agacer, elle le trouvait gentil, amusant dans ses tentatives de combler le vide qui s'était installé. Maintenant qu'il s'était un peu plus présenté, dirons nous, Wendy se dit alors qu'elle peut arrêter son mutisme. Elle ne souhaitait de lui que quelques mots, des phrases qui auraient pu le faire s'ouvrir à elle, à étoffer la conversation de ses impressions, de ses souvenirs. Mais à présent, elle avait eu ce qu'elle voulait : quelques paroles, un souvenir, bref, quelque chose. Elle n'en veut pas plus, elle a deviné que le garçon n'aime pas parler. Alors elle ne posera plus de questions. Elle lui parlera simplement, et lui n'aura qu'à faire des remarques s'il juge cela approprié.

Wendy : Les enfants ont toujours eu une grande imagination... Mon père avait arrêté de travailler pour devenir artiste peintre quand j'avais quatre ans. Ce qu'il adorait dessiner, c'était les quais de Londres dans le soleil matinal. Et un jour, il a peint les même quais, mais comme on peut les voir la nuit, couvert de brume bleutée, l'eau noire et agitée, les nuages dans le ciel effrayant... Quand il a fini ce tableau, j'ai cru que je ne pourrai plus jamais dormir de la nuit : j'étais obnibulé par ce tableau qui me faisait encore et toujours peur...

Là, Wendy se met à rire. Elle confie un de ses plus grands secrets, qu'elle n'a jamais osé avouer à ses parents. Elle ne voulait pas admettre à son père que le tableau qu'il avait peint pour elle - et donc qu'il avait installé dans sa chambre, en face de son petit lit - l'avait toujours terrorisée. Elle ne l'admettra jamais, mais si elle a décidé si vite d'aller travailler chez les Hamilton, c'était en grande partie par nécessité, mais également parce qu'elle savait qu'elle devrait loger chez l'habitant... Et qu'elle ne reverrait pas la toile maudite accroché au mur nu de sa chambre.

Wendy : Bref, toujours est-il qu'un jour, mes employeurs ont voulu faire une petite promenarde avec moi. J'avais dans les seize ans, Madame était enceinte, il faisait beau, tout allait bien. La promenade s'est continuée jusqu'aux docks. Et en voyant ces endroit, je suis tombée évanouie, et je ne me suis réveillée que trois jours après, avec une fièvre, je délirais, et j'avais toujours l'image dans la tête. Ce n'est qu'au quatrième jour que je me suis rendue compte à quel point ma peur panique avait été ridicule. Alors j'ai fait semblant d'avoir été victime d'une maladie de passage, que j'allais mieux ; mais jamais je ne suis retournée aux docks.

Et elle rit encore. Enfin bon, il y a de quoi, c'est un peu cocasse, mais ça lui fait du bien de le dire. Ce garçon, elle pourrait très bien ne jamais le revoir, mais maintenant, elle met en lui une grande confiance. Sans doute parce qu'elle devine que si déjà, il ne parle pas de lui, il n'est sûrement pas du genre à colporter des ragots sur quelqu'un. Du moins, elle l'espère vraiment.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Lun 5 Juil - 20:37

.Comment Maxence fit une (grande) erreur de stratégie ;


Mais aussi lamentable et inexacte que pouvait être sa fable, la jeune domestique sembla l'accepter. En fait, elle semblait prendre plaisir à l'entendre raconter des inepties juste pour meubler le silence. C'était même assez étonnant.
« Les enfants ont toujours eu une grande imagination, affirma-t-elle. Mon père avait arrêté de travailler pour devenir artiste peintre quand j'avais quatre ans. Ce qu'il adorait dessiner, c'était les quais de Londres dans le soleil matinal. Et un jour, il a peint les même quais, mais comme on peut les voir la nuit, couvert de brume bleutée, l'eau noire et agitée, les nuages dans le ciel effrayant... Quand il a fini ce tableau, j'ai cru que je ne pourrai plus jamais dormir de la nuit : j'étais obnubilée par ce tableau qui me faisait encore et toujours peur...  »
Il haussa les sourcils. Elle n'avait quand même pas peur d'un simple tableau ? C'était stupide, voyons ! En même temps, il n'avait jamais été mis en contact avec des œuvres d'art quand il avait quatre ans. Et vu sa difficile existence, il aurait sans doute eu plus peur de se faire tabasser par un plus grand que lui que de la vision d'un tableau fiévreux et pas forcément très réaliste.
Mais la jeune femme rit, comme si elle se moquait de sa bêtise d'enfant.
« Bref, reprit-elle, toujours est-il qu'un jour, mes employeurs ont voulu faire une petite promenade avec moi. J'avais dans les seize ans, Madame était enceinte, il faisait beau, tout allait bien. La promenade s'est continuée jusqu'aux docks. Et en voyant ces endroit, je suis tombée évanouie, et je ne me suis réveillée que trois jours après, avec une fièvre, je délirais, et j'avais toujours l'image dans la tête. Ce n'est qu'au quatrième jour que je me suis rendue compte à quel point ma peur panique avait été ridicule. Alors j'ai fait semblant d'avoir été victime d'une maladie de passage, que j'allais mieux ; mais jamais je ne suis retournée aux docks.  »
Les yeux de Maxence faillirent sortir de leurs orbites. Wendy en était-elle à ce point ? C'était bien trop grave. En fait, pour quelqu'un d'aussi terre à terre que le jeune homme, cela semblait irréel, impossible. Sa mère avait connu ce genre de maladie, et elle en était morte. Ce n'était pas un sujet de plaisanterie. Or, Wendy avait recommencé à rire. Maxence se sentit mal à l'aise. Pour tenter de cacher son trouble, il répondit d'une voix atone :
« Vous ne devriez pas vous laisser dominer par votre phobie. Affrontez-la, bon sang. N'allez pas vous cacher des docks pour une raison aussi bête. »
Il remarqua que cela s'apparentait encore à une bouée de secours - eh oui, il voulait encore l'aider. A se taper la tête contre le mur. Non, contre les bouteilles de vin de ce cher Gabrielli - son patronyme ressemblait étrangement au sien, il le remarqua - qui devaient coûter les yeux de la tête. En toute honnêteté, il adorerait ruiner les achats de ce noble "crétin mais il ne fallait pas le dire". Cela dit, cela n'arrangerait sûrement pas Wendy. Énervé d'être encore piégé par sa nature, il lança :
« A moins que vous ne seriez lâche ? »
Tout de suite, il regretta ses paroles. Il n'avait pas le droit de juger une domestique qui n'était pas passée par les mêmes épreuves que lui. Peut-être que lui aussi agirait comme elle. Peut-être qu'elle ne lui racontait pas tout et que son récit cachait une blessure profonde et secrète ?
« Désolé, ajouta-t-il tout de suite, se sentant obligé de s'excuser, mais il voyait bien qu'elle était blessée. Je ne voulais pas... »
Il n'acheva pas sa phrase, de peur d'enfoncer le couteau dans la plaie et d'aggraver la situation. Cela ne lui plairait certainement pas s'il lui disait qu'on n'attendait pas d'une femme d'être aussi forte qu'un homme - je sais, c'est ô combien macho, mais pensez au contexte : la femme n'était pas encore reconnue comme l'égale de l'homme... tristes temps - et d'ailleurs, il n'était pas tout à fait d'accord. Sa mère était un exemple de courage, plus forte que tous ces hommes qui se pliaient face aux plus puissants. Et Oprah Sparkling était elle aussi bien plus brave que son mari, qui avait bien conseillé à Maxence de s'écraser face aux aristocrates.
Malheureux en croisant le regard triste de Wendy, il lui tourna misérablement le dos et commença à marcher dans l'allée, tête baissée.
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Sam 31 Juil - 13:20

Ce que Wendy aime quand même avec ce gamin, c'est qu'il est spontané, et qu'il n'avait apparemment pas peur de dire ce qu'il pensait. Mais après avoir lancé le fait que Wendy serait lâche, il a paru d'un coup fiévreux, presque honteux de ses paroles. Après tout, on ne change pas vraiment les gens, quoiqu'on en dise, Wendy le sait bien. Et il avait raison. C'était idiot et puéril, et c'était une histoire qui remontait déjà à quelques années. Il faudrait bien qu'un jour la jeune domestique y retourne...

Wendy : Pas la peine de t'excuser, j'ai compris, je sais que ce n'était pas méchant... Je sais que ma réaction a été un peu exagérée, mais après tout, je me le pardonne en me disant que ce tableau est un des seuls vrais souvenirs que j'ai de mes parents, je suis partie jeune travailler, et ce souvenir était omniprésent... Mais j'ai été un peu idiote, je le reconnais. Il faudra bien qu'un jour, j'y retourne, je le sais, et tu as raison, je suis un peu lâche. Tous les jours j'ai de bonnes raisons de ne pas y aller, si ce n'est pas de la lâcheté, ça !

Ce gamin était épatant, parce qu'en à peine quelques minutes, Wendy en avait fait son psychologue. Enfin, psychologue est un grand mot, disons qu'elle raconte ses peurs secrètes à quelqu'un qu'elle ne connaît pas, et que peut-être elle ne reverra jamais. Mais Wendy apprécie la spontanéité du gamin. Et d'un coup, une idée lui vient. Une idée qui la fait un peu rire, parce qu'elle est saugrenue, et parce qu'elle n'a sûrement pas le temps de la réaliser, à cause de Mister Gabrielli qui l'attend peut-être au Manoir. Mais elle l'expose quand même au gamin.

Wendy : Et si on y allait ? Je veux parler des Docks ? C'est le moment ou jamais, je peux ne jamais y retourner, alors pourquoi ne pas en profiter ?

Elle a un grand sourire quand elle dit ça, comme une gamine qui décide de faire la maison hanté pour se donner des sensations fortes. Elle sautille presque sur place, et c'est d'autant plus étonnant qu'elle ne l'a jamais fait pour quoi que ce soit, la petite Wendy réservée, timide, et docile...

[HRP : Dur, dur de s'y remettre... J'espère que ça ira, faut se dérouiller après un mois... ]
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mar 3 Aoû - 20:19

Mais apparemment, Wendy ne lui en voulait pas. Elle le rappela.
«  Pas la peine de t'excuser, affirma-t-elle, j'ai compris, je sais que ce n'était pas méchant... »
Il releva la tête et s'arrêta net, mais ne se retourna pas pour autant.
« Je sais que ma réaction a été un peu exagérée, enchaîna-t-elle, mais après tout, je me le pardonne en me disant que ce tableau est un des seuls vrais souvenirs que j'ai de mes parents, je suis partie jeune travailler, et ce souvenir était omniprésent... »
Il se retourna, un sourire tristement amical sur ses lèvres. Elle lui paraissait presque fragile, Maxence se sentait obligé de retourner vers elle. Il fallait qu'il la console, et il devinait que s'il partait, comme ça, là, elle ne serait vraiment pas contente. Maudit soit son honneur et sa sensibilité.
« Mais j'ai été un peu idiote, je le reconnais. Il faudra bien qu'un jour, j'y retourne, je le sais, et tu as raison, je suis un peu lâche. Tous les jours j'ai de bonnes raisons de ne pas y aller, si ce n'est pas de la lâcheté, ça ! »
Il posa une main conciliante sur son épaule, lui souriant doucement, de cette chaleur qui faisait de Maxence un être exceptionnel mais secret. Il compatissait. Il comprenait qu'elle essayait en même temps de le rassurer, lui, et il lui en fut reconnaissant. A force de s'occuper des autres, on oublie parfois de prendre soin de soi-même.
Elle méritait vraiment qu'on l'aide.
« Et si on y allait ? proposa-t-elle soudain.
Il la regarda bizarrement, une lueur d'interrogation dans le regard.
« Je veux parler des Docks ? C'est le moment ou jamais, je peux ne jamais y retourner, alors pourquoi ne pas en profiter ? »
Un nouveau sourire, cette fois pur miel et chaleur, ces sourires qui communiquent simplement leur joie et rendent au monde ses couleurs originelles, fleurit sur ses lèvres et illumina son visage doux. Seuls ses yeux restèrent, comme à l'accoutumée, un lac de froideur suave, l'innocence et l'inexpressivité faite.
Qu'elle était courageuse, cette jeune fille aux cheveux bleus. Son étrangeté cachait un cœur d'or, une volonté incroyable... cela valait la peine de la connaître. Peut-être (un jour) en saurait-elle plus sur lui...
En tout cas, elle semblait visiblement excitée à cette idée, et cela acheva de convaincre Maxence.
« Pourquoi pas... » : accepta-t-il, gardant toutes ses réserves pour lui.
Il s'en voudrait énormément s'il lui arrivait quelque chose, si elle perdait ses moyens et tombait évanouie dans ses bras. Que ferait-il d'elle ? La ramener chez elle ? ... il ne savait même pas où habitait ce Gabrielli. Mais il ne pourrait pas non plus la laisser allongée sur les quais.
« Allons-y, mademoiselle. » : conclut-il en lui proposant galamment son bras.
Histoire d'amortir la chute.
De son bras libre, il remit en place son châle clair et en cacha une partie de son visage. Il avait tendance à ne pas apprécier l'odeur des docks, mélange de mer, de sel, de poisson plus ou moins frais et de sueur. Rabaissant de nouveau sa tête comme il le faisait comme il arpentait la rue, le dos courbé, il commença à avancer.

Ils quittèrent bientôt la rue marchande pour se rendre dans des quartiers un peu plus familier de Maxence : les quartiers pauvres.
Il en connaissait chaque recoin : les petites boutiques à la qualité douteuse et infestées de vermines, les maisons délabrées et insalubres, presque sur le point de s'écrouler, les taudis où s'entassaient des familles entières, et les enfants courant pour gagner leur pain, les passants minables faisant bien attention à leur bourse, les clients miséreux, les mendiants... c'était l'univers de Maxence, celui dans lequel il avait toujours évolué, et il s'y sentait à l'aise. Par contre, il n'était pas sûr que Wendy y était vraiment habituée. Il fit bien attention à rester discret - trop de richesses et les voleurs volaient vers vous comme des mouches attirées par du miel. Mais il fallait néanmoins jouer des coudes pour se faire respecter. C'était tout un art qu'il maîtrisait à la perfection.
« Attention à vos courses. » : lui murmura-t-il en chassant un gamin qui avait essayé de s'en emparer.
Ils progressèrent encore, jusqu'à ce qu'une odeur saline les accueille. Maxence rajusta son châle pour couvrir les effluves et s'y avança doucement, pour ne pas brusquer Wendy.
« Voilà. Nous y sommes. »


[Mais ça va voyons !]
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mer 4 Aoû - 17:21

A sa grande surprise, le gamin avait accepté sans trop de mal. Tant mieux, comme ça, plus vite c'était fait, mieux c'était. Et Gabrielli pouvait attendre. Non mais. Le gamin avait prit son bras, et l'avait emmené près des Docks, là où elle avait fait son malaise. Elle ferma les yeux pas réflexe, mais quand elle sentit l'effluve marine qui venait à ses narines, elle dut se résigner à ouvrir les yeux.

Ce qu'elle voit, c'est le port. Et pourtant, c'est tellement différent que dans ses souvenirs. Pour elle, elle se retrouvait dans un port démoniaque. Mais là, la mer était agité, le vent soufflait, les bateaux s'agitaient et tanguaient. Le tout dans une lueur étrange, rosée, orange, rouge, jaune et bleue, le tout à la fois. A la vue de se spectacle, Wendy en eut la bouche bée. Comment avait elle put avoir peur d'un tel paysage autrefois ? Un couple de mouettes volaient au dessus de l'onde marine, et la jeune femme eut soudain la vision de sirènes charmant les bateliers et les marins, sur les rochers au milieu de la mer. Le sel lui piquait les yeux et le nez, mais quelle importance ? Wendy sut alors que si elle devait un jour perdre la vue, elle aurait du voir ce paysage au moins une fois encore avant le drame. Le bras de Max enserrait toujours le sien, pour éviter qu'elle ne tombe, sûrement. Elle le serra elle aussi, et murmura un simple "Merci", qui se perdit dans le vent qui soufflait. Elle dut quand même fermer la bouche pour déglutir, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi ? Elle-même n'en savait rien. Mais il avait fallu vingt-quatre ans pour oser venir ici, et découvrir la beauté du monde. Une merveille si proche, et qui pourtant avait été si lointaine...

Il fallait quelque chose pour qu'elle bouge. Sinon, elle allait passer la nuit ici, à espérer que la mer se démonte pour voir une tempête marine. Elle tenta de détourner le regard, et finalement, sentit les lourds sachets de commissions au bout de ses doigts tout engourdis.

Wendy : Il faut que j'emmène ceci à Mister Gabrielli...

Dans sa voix, pour la première fois, on sentit une réelle émotion. Toute sa vie, elle avait travaillé sa voix pour ne filtrer que la joie de servir ses employeurs, ou de trouver un ton sec afin de renvoyer les intrus. Jamais elle n'avait parlé avec une vraie voix, pas masquée par les simagrées artificielles qu'on l'obligeait à utiliser. On sentait des larmes dans sa voix, et beaucoup de bonheur. On sentait un sourire bloqué, qui n'arrivait pas à venir. On sentait l'amour qu'elle avait pour ce paysage. Et on sentait que le ton ne correspondait pas du tout à ses paroles ; que jamais elle n'aurait préféré retourner au Manoir au fait de rester ici. Qu'elle tentait désespérément de trouver une excuse pour partir. Et qu'elle n'était pas prête de la trouver.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Jeu 5 Aoû - 1:10

Il comprit tout de suite que Wendy était bouleversée par ce qu'elle voyait. Pas dans le sens où elle était effrayée, non, dans le sens où le spectacle des docks : odeurs, sons et vues magnifiques prenaient les sens de la jeune femme, qui contemplaient le tout bouche bée. Maxence, prudent, garda sa prise sur son bras et continuait de la soutenir inlassablement. Un merci murmuré du bout des lèvres, et elle était là, enchantée, à se cramponner à lui. Pour rien au monde il n'aurait voulu rompre cet instant de félicité. Qu'il était bon d'aider quelqu'un à affronter sa phobie et à l'aider à la vaincre !
La peur de Wendy s'était transformée en une profonde admiration. Il le sentait : son corps s'était détendu, ses yeux brillaient de joie. Elle n'avait jamais été aussi belle aux yeux du jeune homme, qui se mit à sourire gaiement. Lui aussi profitait de cet instant de pur bonheur... tout en continuant de surveiller du coin d'un œil glacial les commissions de la domestique.
Une voix troublée d'émotion vint rompre ce moment figé, la voix déformée de Wendy.
« Il faut que j'emmène ceci à Mister Gabrielli... » : murmura-t-elle.
Maxence comprit tout de suite que ce n'était qu'une excuse. Mais, loin de vouloir se moquer d'elle, il décida de prendre les choses en main. Il fallait arracher Wendy à cette découverte merveilleuse, l'aider à reprendre pied dans la réalité.
Avec une douceur extrême, il la tira en arrière et l'amena de nouveau dans les rues pauvres.

Tout en gardant un œil vigilant sur les achats de sa compagne, Maxence la laissa s'asseoir sur un petit muret et partit à quelques pas de là, acheter deux petites pommes à un marchand ambulant. L'avantage de bien connaître ces quartiers, c'était que l'on savait où acheter des produits de suffisamment bonne qualité et où ne surtout pas se rendre. Les fruits du primeur étaient toujours bons, sans pour autant valoir les produits brillants des grands maraîchers de Londres.
Il revint vers Wendy, et chassa de la main un petit garçon qui lui faisait l'aumône en lui tendant une petite pièce. Son visage avait retrouvé des airs de gamin ahuri et heureux de faire du bien autour de lui.
« J'espère quand même qu'il ne vous a rien volé. » : annonça-t-il en lui tendant son achat.
Il s'installa sur le petit muret et croqua avidement dans sa pomme. Ce n'était certes pas son fruit préféré, mais c'était celui que l'on trouvait le plus facilement dans ce coin-là. Cela valait toujours mieux que les poires trop juteuses ou les noix trop grasses qui circulaient aussi.
Il attendit de ne plus avoir la bouche pleine pour reprendre la parole.
« Vous savez, j'ai été content de vous aider à affronter une peur, mais... »
Il reprit une bouchée de pomme, et l'avala aussi vite que la décence le lui permettait.
« Je ne pense pas que vous en ayez vraiment peur. Vous deviez plutôt être effrayée par la vision que vous en aviez eu, et vous ne vouliez pas la retrouver. »
Il termina sa pomme et posa scrupuleusement le trognon sur le muret. Les raisons ? D'autres s'en nourriraient. Une petite fille s'approcha, mais les yeux glaciaux de Maxence lui coupèrent tout élan.
« Vous pouvez leur donner une pièce, mais il vaut mieux que cela ne se sache pas, expliqua-t-il. Moi, je suis du coin. J'échappe aux règles des étrangers. Leur accorder une fois, c'est être assailli par une marée de gosses qui ne souhaitent qu'un peu d'argent. »
Il sourit d'un air rassurant.
« Mais donc, je disais... je ne m'y connais pas, en psychologie et autres, mais je pense tout de même avoir raison... »
Il marqua une pause.
« Vous voulez retourner au manoir Gabrielli ? »
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Ven 6 Aoû - 17:48

Le garçon avait raison. Wendy n'avait pas eu peur des Docks la première fois qu'elle les avait vus. Non, elle s'était simplement imaginé comme quoi ils étaient pareils à ceux peints sur la toile de son père. Elle ne sait même pas si elle les avait vraiment vu avant. Peut-être était-elle tombée dans les pommes juste avant, rien qu'en l'imaginant ? En parlant de pomme, le garçon lui en avait rapporté une, afin qu'elle puisse se raccrocher à quelque chose de bien réelle. Elle mordit dedans. Ce n'était pas la meilleure pomme qui puisse exister au monde, mais c'était la meilleure que Wendy ait pu manger de toute sa vie. Pas au niveau saveur, non, là, elle avait goûté à des plus savoureuses encore, mais parce qu'elle représentait sa corde de sortie. Avec cette pomme, elle avait le moyen de ressurgir à la surface de son conscient, là où son inconscient avait prit le dessus l'espace d'un instant. Un genre de médicament, mais en meilleur, plus doux, plus sucré. Quand un gamin était venu réclamé une pièce, Wendy l'avait regardé avec des yeux hagard, comme si elle ne savait pas ce qu'il voulait. Pourtant, elle n'est pas méchante, mais à ce moment, l'idée que des enfants pouvaient souffrir de la faim et de la pauvreté ne la traversait même pas. Elle finit sa pomme, et joua avec le trognon pendant qu'elle répondit à Max.

Wendy : Retourner au Manoir ? Je sais que c'est la dernière chose que je voudrais faire à présent, mais je pense que c'est la meilleure chose à faire... Je pense qu'il faut que je m'éloigne des Docks, j'y retournerai un autre jour, à tête reposée, mais aujourd'hui, trop d'émotions se sont succédées... En tout cas, je crois je ne te remercierai jamais assez pour ce spectacle incroyable que tu m'as montré.

Elle bouge la tête, la tourne vers le garçon, sourit un peu, et une lueur brille à présent dans ses yeux. On peut voir la vraie Wendy, celle qui devra enlever son masque quand elle rentrera tout à l'heure au Manoir. Celle que personne n'a jamais vraiment vue, même pas ses parents. Celle qui se terre derrière un visage de façade pour toujours plaire à ses maîtres. La vraie Wendy est belle. Car elle rayonne. Et c'est vraiment dommage que personne ne puisse voir ce visage. Car il respire l'authenticité, le réel, en bref, la vie.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Sam 7 Aoû - 18:54

Maxence regarda Wendy. La jeune femme semblait vraiment rassurée, même apaisée. Il était tellement content d’avoir pu être utile à quelque chose dans toute cette histoire. Après lui avoir brisé ses bouteilles et fait perdre son temps à tenter de le faire parler alors qu’il n’avait qu’une envie, celle de se renfermer sur lui-même pour qu’elle ne mette pas à jour ses secrets. Il ignorait tout de la pierre de la jeune domestique et de sa capacité à lire dans les pensées : si cela avait été le cas, il aurait cessé de lui mentir ou de détourner la vérité, vu qu’elle aurait pu la deviner dans sa tête. Il ne se serait pas mis à lui raconter sa vie pour autant.
« Retourner au Manoir ? » : répéta-t-elle, songeuse.
Avant même qu’elle ait fini sa phrase, il sut tout de suite au ton de sa voix que cette idée ne lui plaisait pas.
« Je sais que c'est la dernière chose que je voudrais faire à présent, mais je pense que c'est la meilleure chose à faire... »
Il acquiesça silencieusement, un peut triste finalement à l’idée de la laisser partir à ce moment-là. Finalement, il aimait bien cette jeune femme aux cheveux bleus si singulière, et ce malgré son gros défaut de vouloir tout savoir sur lui. S’ils se disaient au revoir maintenant, il y avait de fortes chances pour qu’ils ne se revoient jamais : elle ne savait pas où il habitait, et lui n’avait aucune chance d’approcher du manoir Gabrielli dans le seul but de rendre visite à une employée. C’était triste.
«  Je pense qu'il faut que je m'éloigne des Docks, ajouta Wendy, j'y retournerai un autre jour, à tête reposée, mais aujourd'hui, trop d'émotions se sont succédées... En tout cas, je crois je ne te remercierai jamais assez pour ce spectacle incroyable que tu m'as montré. »
Qu’elle était subitement devenue magnifique ! Sur le coup, Maxence ne comprenait pas pourquoi. Et puis il remarqua qu’elle avait totalement laissé tomber un masque dont il n’avait pas eu conscience. La vérité sur la nature profonde de la jeune femme se faisait dans ses yeux, et il faillit s’y perdre tant elle était belle. Si simple, si authentique… une âme merveilleuse, de celle qu’on ne retrouve que chez les gens simples. Elle pouvait être enfantine, avec sa chevelure bleue, mais sa sagesse se tapissait au fond de son regard.
Galamment, il inclina la tête en guise de réponse.
« Tout le plaisir était pour moi. »
Et c’était bien vrai. Maxence vivait pour aider les autres : c’était sa manière de donner du sens à son existence. On a tous besoin de se donner des objectifs ; celui du jeune homme était de perpétuer la mémoire de ses vrais parents et de faire le bien autour de lui. Aider à combattre une phobie le rendait tout simplement euphorique. C’était toujours mieux que de se battre parce qu’il aimait ça…
« Permettez-moi dans ce cas de vous raccompagner. » : proposa-t-il.
Voyant que la jeune femme allait se méprendre sur ses intentions, il s’empressa d’ajouter :
« Je ne fais pas cela par pure politesse. Wendy, votre compagnie m’est agréable et j’ai bien l’intention de la prolonger sur le chemin du retour. »
Il ignora son visage et feignit de ne pas ressentir la moindre émotion. Facile, ses yeux avaient toujours un air un peu dur qui contrastait avec la douceur de son visage.
« En outre… » : poursuivit-t-il, plein de mystères.
Cette fois, il ne put s’empêcher de laisser un sourire éclatant fleurir sur ses lèvres.
« Si vous le voulez, nous pourrons passer d’abord par chez moi pour que j’y dépose mes propres achats, expliqua-t-il. Ma… mère ne devrait pas rentrer tout de suite, aussi aurai-je tout le temps de vous accompagner chez ce monsieur Gabrielli. »
Intelligent, ce Maxence. Ainsi, il permettait à Wendy de découvrir un peu plus son quotidien, sur ce qu’était vraiment Maxence Gabriel et qui était-il. Sans compter qu’ainsi, elle disposerait d’un moyen de le contacter si jamais le besoin s’en faisait sentir.
« Qu’en dîtes-vous, Wendy ? »
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 8 Aoû - 23:35

Le jeune Max lui avait proposé de la raccompagner chez le maître de Wendy, mister Gabrielli. Cela rendit Wendy vraiment joyeuse, car elle savait à présent qu'elle ne rentrerait pas seule là-bas. De plus, il lui avait proposé de déposer ses propres affaires chez lui avant de partir au manoir du maître de la jeune domestique. Cela intrigua Wendy, car le jeune homme avait été, tout le long de leur rencontre, mystérieux, secret et n'avait pas même dit son vrai prénom. Pour Wendy, c'était encore Max. Et Wendy, qui s'en était contentée pendant tout ce temps, devint soudain très impatiente de connaître ne serait-ce qu'un atome de la vie que pouvait bien mener cet étrange garçon. 

Wendy : Cela me va tout à fait, j'accepte volontiers que tu me raccompagnes, et cela me ferai très plaisir de rallonger au possible cette entrevue !...

Elle avait su le tutoyer, alors que tout le long, elle avait été tentée de le vouvoyer. C'était aussi une marque de respect, un profond respect qu'elle vouait désormais à ce jeune garçon, de près de dix ans son cadet. C'était d'ailleurs quelque chose de très paradoxal chez Wendy : elle ne tutoyait que les gens qu'elle respectait profondément. Parce qu'elle avait apprit toute sa vie à vouvoyer qui que ce soit, ses maîtres en particulier, même si elle les connaissait pas coeur ou qu'elle leur vouait une haine profonde. Alors, pour elle, le vouvoiement ne voulait plus rien dire pour elle. Alors que le tutoiement, c'était quelque chose de rare pour elle, et quiconque qui se faisait tutoyer par Wendy pouvait en avoir la certitude : Wendy les considérait au plus haut point.

Wendy : Mais ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est pourquoi pendant tout ce temps, tu t'es tenu secret, discret et mystérieux, pour m'inviter, ou du moins me convier chez toi... Un quelconque dessein ?

Wendy rit un peu. Elle ne pensait pas que le jeune Max ait un quelconque but à la ramener chez elle, et de passer chez lui déposer des affaires. Car s'il avait eu à le faire, il n'aurait pas attendu tant de temps avant de commencer une quelconque manipulation, ou alors, ç'aurait été un jeune homme plein de patience, de confiance en soi et de charisme. Mais Wendy ne doutait pas un instant sue ce ne fut pas le cas du jeune homme. Et elle lui faisait vraiment confiance.

Wendy : Eh bien, allons-y, c'est parti ! Par où habites-tu ?
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mer 11 Aoû - 19:59

Celle-ci avait l'air très joyeuse à cette idée.
« Cela me va tout à fait, j'accepte volontiers que tu me raccompagnes, et cela me ferai très plaisir de rallonger au possible cette entrevue !... »
Maxie sourit, aussi heureux à l'idée de lui faire plaisir que soulagé de la voir accepter. Bon, d'accord, curieuse comme elle était, elle ne pouvait être que ravie de pouvoir s'immiscer dans son intimité, et avec son accord qui plus est ! Cela devait vraiment la ravir... il l'espérait.
« Mais ce que je n'arrive pas à comprendre, fit-elle remarquer, c'est pourquoi pendant tout ce temps, tu t'es tenu secret, discret et mystérieux, pour m'inviter, ou du moins me convier chez toi... Un quelconque dessein ? »
Maxence rit bêtement, un de ces rires typiques des gamins de la rue qui rappelaient toujours à l'interlocuteur à quel point il pouvait être jeune. C'était un rappel de ses origines, et toute la bonne éducation de la vieille et des Sparkling ne pouvait rien y faire. Maxence avait vécu dans ces quartiers pauvres tellement longtemps qu'il en était devenu partie intégrante. Wendy aussi rigolait. C'était bon signe : elle semblait s'imaginer n'importe quoi. S'il la conviait, c'était uniquement parce qu'elle ne pourrait jamais en tirer beaucoup sur sa propre vie.
« Eh bien, allons-y, c'est parti ! Par où habites-tu ? demanda-t-elle gaiement.
- Par là. » : répondit Maxence en pointant du doigt la petite ruelle qu'ils allaient emprunter pour raccourcir le chemin.
Il avait de nouveau retrouvé un sérieux presque austère.
Lui prenant doucement la main pour qu'elle ne se perde pas, il lui fit traverser la foule, gardant un œil bienveillant sur elle. La rue, c'était son domaine. Il se faufila avec elle jusqu'à la ruelle, avec une technique savamment mise au point depuis tout petit : seuls ses amis de la rue pouvaient vraiment faire attention à lui. Quant à Wendy, elle était sans doute plus visible, n'ayant pas cette habitude de passer volontairement inaperçu ; mais tant qu'elle restait avec lui, elle ne risquait rien.
Maxence ne fit même pas attention à l'odeur qui régnait dans la ruelle. Pour lui, elle était normale : un simple élément dans un environnement qui avait toujours été ainsi. Aussi ne se demanda-t-il même pas si elle pouvait incommoder Wendy. Gardant une poigne ferme mais toujours aussi délicate, il la guida. Un petit nombre d'ivrognes cuvaient leur vin, affalés contre les murs sales. Ils étaient sans défense face aux ordres de gamins qui leur faisaient les poches pour s'emparer de leur argent... bien qu'ils ne rechignaient pas lorsque les bouteilles de gin n'étaient pas totalement vides. Ce spectacle, Maxence n'y était pas indifférent : il le connaissait par cœur, à la différence que grâce aux bons conseils de la vieille, il avait appris à ne jamais boire ce qu'il trouvait. Il en était d'ailleurs content, à présent : sans cela, peut-être n'aurait-il jamais été adopté. Mais il n'y pouvait rien, et il n'allait certainement pas aider ces lamentables ivrognes : dans sa mentalité de la rue, ils méritaient ce qui leur arrivait. Il souhaita bonne chance à une petite fille qui le saluait de la main et conduisit Wendy à la fin de la ruelle.
Là, il se retourna vers elle, et lui adressa un sourire à la fois rassurant et froid.
« C'est triste, n'est-ce-pas ? Mais c'est cela la vie. Je fais ce que je peux, mais je n'en ai pas les moyens. »
Sur ces mots énigmatiques signifiant clairement que toute sa bonne volonté n'avait jamais suffi à aider ces pauvres enfants, il lui tourna le dos et l'emmena plus loin.
Plusieurs fois, ils empruntèrent des petits passages, des ruelles sombres où la domestique n'aurait jamais eu l'audace de se rendre seule si un gars de la trempe de Maxence ne l'avait pas accompagnée. Lui connaissait le coin comme sa poche, et savait comment éviter les ennuis. Parfois, sans s'arrêter, il passait le bonjour aux commerçants qui le reconnaissaient, ou aux gamins qui lui faisaient signe. Il savait que tout le monde l'appréciait, même si désormais, on l'avait en grande partie coupé de ce monde ; mais toute la richesse qui pouvait l'entourer maintenant ne pouvait l'empêcher de se sentir ici chez lui et d'œuvre pour apporter sa contribution à ce monde à part. Une goutte d'eau dans le désert, comme on dit, mais sa nature généreuse le poussait à persévérer. Ses efforts étaient plus ou moins récompensés : certains le considéraient comme un véritable bienfaiteur. Cela l'aurait gêné, s'il n'avait pas voulu en faire plus pour mériter ce titre.
Enfin, ils quittèrent les quartiers pauvres - et sans encombre : les provisions de Wendy étaient intactes, quant aux siennes, personne n'avait voulu s'en saisir. L'austérité élégante de ces quartiers modestes mais chic ne lui plaisait pas ; pourtant, ici aussi, c'était son foyer. Il savait bien que ce monde-là aussi lui avait donné une place, et il avait accepté de la prendre sans rechigner. Elle lui était bien utile d'ailleurs.
Ici aussi, certaines personnes le saluèrent, mais elles étaient bien peu nombreuses. La plupart le faisait par pure politesse, mais Maxence, mieux élevé que ce que l'on attendrait d'un gamin des rues, leur répondait avec la même distinction. Difficile de croire qu'il pouvait s'arranger avec deux mondes. Ce n'était pas facile : il avait l'impression d'être déchiré entre deux identités, le petit Maxence Gabriel qui évoluait dans la misère et qui avait perdu ses parents dans des circonstances tragiques, et le jeune Maxence "Sparkling" des quartiers plus aisés qui avait réussi à se faire accepter dans la société grâce à ses parents adoptifs. Pas facile de jouer double jeu : le plus simple aurait été de renoncer au premier pour devenir pleinement le second. Mais il était impossible pour lui de renier ceux qui lui avaient donné la vie, son enfance, même ce qui avait été son quotidien pendant la plus grande partie de sa vie. Pouvez-vous seulement faire une croix sur ce que vous avez été et qui fait toujours partie de vous ?
Resté silencieux, Maxence s'engagea dans la rue où il habitait, Wendy sur ses talons. Son estomac se contracta. Sans être une grande villa, sa maison était déjà imposante. Ses parents n'étaient pas riches, mais ils avaient quand même de bons revenus, il fallait l'avouer. Où se trouvait Maxence dans un tel univers, lui pour qui l'argent était un trésor inaccessible ? Il fallait l'avouer, il était encore perturbé par cette recherche. Chaque monde lui réservait une place, mais peut-on vraiment s'asseoir sur deux chaises en même temps sans risquer de tomber... ?
« Voici ma maison. » : annonça-t-il platement en la désignant du doigt.
C'était une demeure de taille moyenne, qui devait coûter plus que ce que tout ses vrais parents avaient pu amasser au cours de leur vie. Jolie, bien entretenue, elle disposait d'une petite cour et d'un minuscule jardin empli de fleurs. Elle ne collait pas vraiment avec l'image que Maxence avait de lui-même, mais elle correspondait bien aux Sparkling. Accueillante, elle n'hésitait pas à laisser de pauvres gosses sans famille s'y intégrer. C'était pour cela que Maxence s'y sentait bien. C'était sa maison, et les Sparkling étaient devenus ses parents. C'était devenu facile à accepter.
« Entrons. » : proposa-t-il.
Il aurait bien voulu la laisser sur le seuil, mais il était trop poli pour le faire. Ça ne se faisait pas. Aussi ouvrit-il galamment la porte et laissa Wendy pénétrer dans le hall. Sans être énorme, il était chaleureux. Et simple, mais c'est une autre histoire.
« C'est mignon, n'est-ce-pas ? » : fit-il remarquer, empli d'un sentiment de bien-être.
Tout sourire, il referma doucement la porte derrière lui. Il ne prit pas la peine de verrouiller : il ne serait pas long, et Wendy était juste à l'entrée.
« Faites comme chez vous, annonça-t-il joyeusement. Je reviens. »
Il alla porter ses commissions dans la cuisine, où il les rangea. Il fut content de voir qu'il n'avait rien oublié. Tout simplement heureux, il emprunta de quoi écrire et commença à rédiger un mot à sa mère pour la prévenir, au cas où il ne serait pas rentré à temps, qu'il était allé accompagner une jeune femme un peu bouleversée - il ne précisa pas pourquoi, mais devinait qu'elle comprendrait pourquoi il avait agi ainsi, vu qu'elle le connaissait bien que si elle avait été sa vraie mère - chez elle, et qu'il se pouvait qu'il soit en retard. Il lui promettait d'être là pour déjeuner. Il signa affectueusement le mot de son prénom, et retourna voir Wendy.
« J'ai terminé, proclama-t-il amicalement. Est-ce que vous voulez boire quelque chose avant de repartir chez monsieur Gabrielli ? »
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Ven 13 Aoû - 16:11

A peine avait-elle accepté la proposition du gamin, Wendy se trouva dans les rues, entraînée par Max pour ne pas qu'elle se perde, noyée dans la foule environnante semblable au ressac sur une plage bretonne. Cà et là, on voyait des ivrognes souls affalés dans la rue, semblant montrer des signes de non-acceptation des aliments mangés la veille (oui, là, je suis plutôt polie, mais c'est parce que ce n'est ni Tyna Lou, ni Amber). Le jeune garçon sembla montrer des signes de compréhension et d'impuissance face à des enfants des rues miséreux, qui venaient extorquer le maigre bien des hommes étalés dans la rue, une bouteille à la main. Il se retourna vers la domestique, et lui dit qu'il tentait de faire ce qu'il pouvait. Une phrase bien énigmatique, mais qui renseignait bien Wendy sur le fait qu'il venait de la rue, malgré tout ce qu'il faisait pour ne pas paraître originaire de cet endroit. Le garçon la traîna dans les ruelles sombres où Wendy se sentit rassurée par le simple fait qu'elle n'était pas seule. Des ruelles en coupe gorge, où le moindre faux pas, la moindre mauvaise rencontre pouvait nous faire passer de vie à trépas. Enfin, ils quittèrent les ruelles, pour arriver dans les quartiers un peu plus chics.

Wendy, en observant le jeune Max, remarqua qu'il saluait certaines personnes très poliment, ce qu'elle s'empressait de faire à la suite, mais la tenue du jeune garçon avait changé du tout au tout. Ainsi, il ne venait pas des rues, mais des quartiers chics ? Wendy était submergée par l'interrogation, parce qu'elle ne comprenait plus qui était le garçon qui lui enserrait la main afin qu'elle ne perde pas le rythme. Etait-ce un noble ? Un jeune prince ? Ou simplement un enfant des rues qui avait eu de la chance ? La domestique penchait plus pour cette hypothèse. Enfin, ils arrivèrent devant la maison du jeune Max.

Celle-ci était fort coquette, pas très grande par rapport à celles qu'ils venaient de dépasser, mais quand même imposante. Et quand on connaissait un peu le garçon qui y vivait, on était en droit d'être estomaqué de voir qu'un tel garçon pouvait vivre dans une maison de ce style. Parce qu'il avait semblé humble, sincère, honnête, et finalement, ne donnait pas de signe extérieur de richesse, et que sa maison était, on peut quand même le dire, luxueuse. Et Wendy fut estomaquée. Il l'invita à entrer, ce que Wendy fit après s'être légèrement essuyé les escarpins, et resta dans le hall d'entrée à observer la maison. A la question que le jeune lui posa, elle ne répondit pas. C'était après tout une forme de question réthorique, à laquelle on n'attend pas de réponse, mais dont tout le monde est d'accord sur cette réponse induite. Bien entendu, le hall n'était pas aussi luxueux que celui des Hamilton ou même de Mister Gabrielli, mais il resplendissait quand même, et à sa manière, était bien plus somptueux que les hall de ses employeurs, anciens comme nouveaux.

Quand le jeune Max l'invita à "faire comme chez elle", la domestique eut un petit sourire. Parce que quand on invite à faire comme chez nous, on est gêné, et finalement, on ne fait rien. Sauf peut-être s'asseoir poliment sur une chaise, un fauteuil, en faisant bien attention à ne pas froisser les naperons posés dessus. C'est ce qu'elle fit, après avoir posé ses sacs de course à côté d'elle. Elle entendit le garçon ranger les courses dans la cuisine, puis un temps où elle n'entendit plus rien. Enfin, il lui annonça qu'il avait fini, et lui proposa une boisson.

Wendy : [lightgrey]Pourquoi pas ? Je prendrais bien un petit thé, si cela ne te dérange pas, bien sûr...[/color]

Elle s'était relevée, et osa rentrer dans la cuisine où le garçon était. Elle ne voulait surtout pas déranger, mais la perspective de boire quelque chose avant de se remettre en route lui était bien agréable. Elle s'avança un peu vers la table timidement, avec un sourire un peu gêné. Après tout, il l'invitait chez lui et lui proposait de boire quelque chose, et même si ce n'était que pure politesse, on ne propose que rarement des choses dont on ne souhaite pas l'accomplissement. Enfin, normalement. Il existe bien entendu en ce monde des maladifs de la politesse qui font tout ce que les autres veulent, sans se préoccuper de leur propre bonheur. Mais Wendy, tout en sachant cela, se doutait bien que le jeune Max n'était pas quelqu'un comme ça.
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 15 Aoû - 16:57

La domestique acquiesça poliment.
« Pourquoi pas ? Je prendrais bien un petit thé, si cela ne te dérange pas, bien sûr...
- Pas du tout ! » : affirma-t-il en riant.
Il libéra le passage pour qu'elle puisse rentrer dans la cuisine. Apparemment, elle était mal assurée et n'osait pas trop bouger. Il lui adressa un sourire encourageant, l'invitant à y entrer. Elle s'approcha de la table, embarrassée. Maxence n'avait pas pensé qu'elle serait aussi gênée. Cela n'avait pas du tout été le but de cette invitation, il voulait au contraire la mettre en confiance, lui montrer qu'elle avait réussi à le déglacer en partie. Malheureusement, il n'était pas sûr que ses yeux, toujours glaciaux même quand il était heureux, l'aide à se sentir mieux. Forcément, tout le monde croyait que le regard était un révélateur des états d'âme. Chez Maxence, cela n'avait rien à voir. Il était tout le temps inexpressif, et on ne pouvait certainement pas l'accuser d'être indifférent au monde, lui qui au contraire était si adorable, si généreux.
« Asseyez-vous. » suggéra-t-il en lui désignant les chaises en bois.
Elles étaient un peu vieilles, moins resplendissantes que la maison, mais Maxence les aimait bien. Il avait supplié sa mère de ne pas les changer, parce qu'il se comparait à elles. Oprah, qui se voulait compréhensive, avait accepté sans hésiter : elle savait ce qu'il voyait en elles. De toute façon, la cuisine n'était pas une pièce très fréquentée : tous les repas se déroulaient dans la salle à manger, et seuls les Sparkling et Maxie s'y rendaient. Wendy était la première étrangère à y pénétrer.
Maxence avait eu dans l'idée de se contenter d'un verre d'eau, mais quitte à préparer une tasse de thé, autant en préparer deux. Pendant qu'il s'y employait, il parla à Wendy de sa maison :
« Elle est de construction assez récente, ce sont mes parents qui l'ont imaginée. Ils avaient envie d'un habitat qui leur ressemblent. Quelque chose d'intérieurement beau, de fonctionnel et de confortable. En même temps, comme toutes les personnes qui ont de l'argent, ils avaient envie d'étaler leur richesse. J'ai toujours trouvé que ça faisait un bon compromis... enfin, quand j'ai su comment ils l'avaient conçue. Au départ, elle me faisait plutôt peur. Elle était trop grande, trop impressionnante pour un enfant. Maintenant, je m'y sens chez moi. »
Comprenant qu'il était en train de dévier sur sa propre vie, il s'arrêta un instant, le regard vague. Décidément, Wendy avait une mauvaise influence sur lui.
« Cette maison a été construite par un grand architecte londonien... encore que je sache pas du tout qui il peut bien être. Les architectes et moi, on ne se connaît pas vraiment. Les amis de mes parents s'extasient dessus, parce qu'elle est un peu coûteuse, limite en dehors de leurs moyens. Derrière, dans le jardin, ma mère cultive des fleurs. Si vous voulez, je vous montrerai après ce qu'elle fait. Des roses bien sûr, mais aussi des glaïeuls, des pensées, des tournesols, des fuchsias, du muguet... enfin, vous devez voir le genre. Elle saurait sans doute mieux vous expliquer que moi, mais elle ne doit pas rentrer avant une heure. »
Finalement, le thé fut prêt, et Maxence servit une tasse brûlante à Wendy.
« Attention, c'est chaud. » : la prévint-il.
Il porta sa propre tasse à ses lèvres, insensible à la chaleur du liquide bouillonnant. C'était justement une des choses qu'il aimait : sentir son palais brûlé, ne plus percevoir le goût pendant un petit moment. C'était assez étrange, au fond, mais cela lui plaisait bien.
« Alors, dîtes-moi, fit-il en reposant la tasse, à quoi pensez-vous donc ? »


[Pardon, j'avais pas vu que tu avais répondu, encore... désolé. x_x]
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Wendy Easteagle

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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Dim 15 Aoû - 19:11

Le garçon faisait des efforts pour la mettre à l'aise, et Wendy le voyait bien. Quand il lui suggéra de s'asseoir, elle décida de faire partir sa gène très inhabituelle en s'asseyant tranquillement, en posant ses courses normalement sur le sol, et non pas comme si elle avait peur d'érafler le plancher. Tout en préparant le thé, Max lui expliqua la construction de la maison. Mais dans le même temps, elle perçut comme une autre histoire mêlée à ce récit. Quand il dit "Maintenant, je m'y sens chez moi", cela voulait dire beaucoup de choses. Qu'avant, il ne se sentait pas chez lui, certes. Mais aussi qu'il n'appartenait apparemment pas à ce monde, à l'origine. Mais qui était ce garçon ? Un garçon adopté ? C'était fort possible, après tout, et cela pourrait expliquer alors tous les comportement que le garçon avait eu jusque là : un guidage parfait à travers les ruelles étroites de Londres, une compréhension des gamins des rues, et surtout ce genre de mimétisme qui le faisait se fondre tantôt dans les ruelles, tantôt dans les quartiers chics. Ce garçon était, s'il n'était pas adopté, un vrai caméléon !

Max servit le thé, trop chaud encore pour Wendy qui souffla légèrement dessus afin de le refroidir, et il lui demanda alors à quoi elle pensait. C'était bien la première fois qu'il lui demandait d'exprimer le fond de sa pensée, et la domestique en fut surprise, il faut bien l'avouer.

Wendy : Je pense... Je pense que tu es un garçon incroyable, que finalement, j'ai bien fait de sacrifier deux bouteilles de vin si c'était pour rencontrer quelqu'un d'aussi intéressant que toi, et je pense aussi que tu es un garçon qui a eu de la chance dans la vie, tu a grandit du bon côté des ruelles, et je pense aussi que j'ai oublié le fromage...

Elle rit en disant ces paroles. Parce que sa première proposition était un peu ironique, lui avait été vraiment peiné pour elle de lui avoir brisé ses bouteilles, elle était vraiment énervée de se dire que cette journée allait être plus longue que prévu. La deuxième proposition, elle avait dit "grandit", et non pas "né", car à présent, elle n'avait plus aucune certitude. Et la troisième était vraie, elle avait oublié d'acheter du fromage. Tant pis, Mister Gabrielli s'en passerait bien, et s'il n'était pas content, il s'en achèterai lui-même. Non mais ! Puis Wendy tenta sa chance :

Wendy : Et toi, Max, tu penses à quoi ?

Elle ne savait pas si elle aurait la chance d'avoir une réponse de sa part. Tout le long, il avait éludé les questions sur son état d'esprit et ses origines, pourquoi changerait-il maintenant ? Elle porta la tasse à ses lèvres, le breuvage ayant refroidi un peu. Le goût était légèrement amer, une pointe de bergamote, avec un peu de jasmin. C'était délicieux. Mais en même temps, c'était sûr, ça ne pouvait être que bon, ça n'était pas encore le Yellow Label Tea de Lipton qui est absolument immonde. Ils avaient de la chance, en 1873, quand même...

[HRP : Pas grave, pour deux jours Smile )
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Maxence Gabriel
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mar 17 Aoû - 16:11

« Je pense... » : fit Wendy.
Maxence, la tasse au bord des lèvres, sentit son cœur se serrer. Voilà qu'il avait peur de ce qu'elle allait lui dire ! cela signifiait donc qu'il faisait attention à ce qu'elle pensait de lui et de sa maison, et donc, qu'elle avait pris une importance nouvelle dans sa vie. Pour lui, ce constat eut quelque chose d'un peu effrayant, comme si quelqu'un d'autre était susceptible de s'intégrer dans sa petite vie bien rangée et de découvrir tous ses secrets. Pourtant, le fait que ce soit elle n'était pas si dérangeant.
« Je pense que tu es un garçon incroyable, énonça-t-elle, que finalement, j'ai bien fait de sacrifier deux bouteilles de vin si c'était pour rencontrer quelqu'un d'aussi intéressant que toi, et je pense aussi que tu es un garçon qui a eu de la chance dans la vie, tu a grandit du bon côté des ruelles, et je pense aussi que j'ai oublié le fromage... »
Il en fut si surpris qu'il resta un instant bouche bée, presque hébété, avant de sceller ses lèvres et de se concentrer sur le sens de ses paroles. Apparemment, elle l'appréciait, elle avait oublié une partie de ses achats et... minute ! Venait-elle de lui faire remarquer qu'elle avait deviné ce qui lui était arrivé, à savoir qu'il avait été sorti des ruelles par des parents adoptifs ? Il eut envie de gémir et de se taper la tête contre la table. Et lui qui croyait avoir été malin et avoir écarté les soupçons ! ... sans doute n'aurait-il pas dû l'emmener à la fois dans les ruelles des quartiers pauvres et dans sa maison des quartiers plus aisés : c'était flagrant, à chaque voir, elle avait bien dû constater qu'il appartenait à ces deux mondes ! Il était trop à l'aise dans chaque environnement, même quand il se sentait gêné ; il avait sa place et il le savait. Que c'était gênant tout à coup...
« Et toi, Max, tu penses à quoi ? » : demanda-t-elle.
Décidément, il était content de l'avoir rencontrée malgré tout. Elle était la première personne à seulement songer à lui renvoyer la balle.
« Personne ne me l'avait jamais faite. » assura-t-il en riant à son tour.
Il vida d'un coup sa tasse, se brûlant par la même occasion le gosier - et s'en fichant tellement de cette sensation si agréable selon lui ! Il alla posa sa tasse sur la table et se pencha vers Wendy.
« J'ai peur, je crois. Peur de ce que je pourrais vous dire, parce que je ne sais pas si je dois ou non vous mentir. »
Bon, c'est vrai que si quelqu'un vous sort cela comme ça, avec des yeux toujours aussi glacés et un sourire un peu mielleux, vous n'aurez certainement pas confiance en lui. Maxie était différent : il était toujours ainsi, un contraste entre chaleur et froideur, et, je dois l'avouer, pas toujours sincère. Il avait au moins l'honnêteté de lui dire.
« Et je suis content, poursuivit-il, de vous avoir rencontrée, parce que vous me poussez ç me poser les bonnes interrogations, à me remettre en question. Je ne sais plus si j'ai bien fait jusque là de m'enfermer, je doute. C'est... »
Il s'interrompit, non parce qu'il ne voulait plus continuer et croyait en avoir trop dit, mais parce qu'il cherchait le mot juste. Étonnant, pas tellement, il savait bien qu'on finissait toujours pas se confronter à ce que l'on était et de se demander si c'était bien. Ni même appréciable, personne ne pouvait trouver cela agréable. Mais par contre...
« Rafraichissant. » : conclut Maxence avec sérieux.
Oui, c'était bien le mot. Novateur, et il était content que cela lui arrive. Mais aussi un peu froid, parce que ce n'était pas facile à gérer.
« Vous êtes intéressée par mes états d'âme ? continua-t-il. Je m'en veux, aussi. Je suis incapable de dire non, incapable de ne pas me sentir responsable. Je culpabilise trop, je pense. Et j'ai un peu trop d'honneur des rues. »
Il ne prit pas la peine d'expliquer ce qu'était l'honneur des rues. Une domestique comme elle n'y avait sans doute jamais été confrontée. Elle aurait sans doute trouvé cela bizarre, voire même barbare. Pourtant, c'était un code que Maxence continuait à suivre, en plus des nouvelles valeurs inculquées par ses parents adoptifs.
Et, parce que Maxence est un menteur acharné, il ne put s'empêcher d'ajouter un élément faux. En l'occurrence :
« J'ai aussi un peu le trac d'aller chez vous. » : avoua-t-il d'un ton nerveux.
En réalité, ce n'était pas trop le cas. Il n'avait pas peur des nobles, ça non, surtout de ce Gabrielli qui avait l'air d'être comme les autres, un imbécile qui réagissait bien à la flatterie. Par conséquent, s'approcher de son manoir ne l'effrayait pas tant de ça. Quant à rendre visite à une jeune femme, ça pouvait être un peu dangereux, dans le sens où certaines personnes de bonne foi hurleraient au scandale en pensant qu'il y avait anguille sous roche. Evidemment, tout cela n'était pas fondé et Maxence, en digne fils des rues, ne souciaient pas des commérages des gens de bonne société. Les rumeurs, de toute façon, étaient toujours un mélange de vérité et de mensonge. hé, peut-être lui-même était une rumeur ? Ça, ce serait quelque chose à faire. Alimenter les ragots. Seulement, il était bien trop gentil pour avoir vraiment envie d'oser le faire.
Il vit que Wendy n'avait pas terminé sa tasse.
« Oh, pardon, s'excusa-t-il d'une voix sincère et douce. Je crois que j'ai encore laissé l'eau bouillir trop longtemps. Ça ira quand même ? »
Puis, quand Wendy eut répondu et qu'elle eut terminé son thé, il lui demanda :
« Pour votre fromage, vous préférez qu'on y retourne maintenant ou vous irez le chercher un autre jour ? Je vous l'ai dit, j'ai tout le temps devant moi, et aucune de ces solutions ne me dérange. »
Il lui fit un clin d'œil complice et prit les tasses pour les laver. Eh oui, Maxence sait aussi faire la vaisselle depuis qu'il est chez les Sparkling. Rien ne vaut l'influence d'une bonne famille bourgeoise.
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MessageSujet: Re: Les courses, travail très éprouvant [Libre]   Mer 25 Aoû - 18:54

Le garçon paraissait vraiment en train de dévoiler en entier, quand il se rendit compte de ce qu'il était en train de faire, et se referma, tel une huître qui aurait dévoilé la perle qu'elle contenait. Oui, c'était la bonne comparaison. L'âme de Max semblait être une perle, éclatante, brillante, nacrée, précieuse, et pourtant cachée. Mais ce qui est étonnant, c'est de se dire que tant qu'elle est caché dans l'huître, la perle continuera de grossir et de grandir, toujours augmentée d'une nouvelle couche de nacre, tandis que si on commet l'erreur de subtiliser au mollusque son fruit, la perle s'altère, perd sa couleur, et ne grossit plus. Si c'était un peu culotté de comparer Max à un mollusque, ce que Wendy ne pensait absolument pas, c'était par contre très juste de comparer son âme à une perle. Et même si la domestique aurait tant voulu voir entièrement cette perle, au fond d'elle, elle savait que la laisser cachée lui permettrait de grandir encore, et de faire en sorte que le garçon tout entier devienne une perle à son tour plus tard. Car c'était inéluctable : le garçon serait très précieux. Pour la gent féminine quand il serait plus vieux, pour ses amis, sa famille, ses connaissance.

Quand le garçon lui avoua qu'il ne savait pas très bien s'il avait bien fait de se renfermer sur lui-même ou non, la domestique se posa la question elle-même. Après tout, on peut très bien se construire tout en étant à l'écart des autres... Wendy l'avait fait elle-même en son sens depuis qu'elle était domestique ! Quand le gamin lui parla de l'honneur des rues, Wendy n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être, mais l'idée ne lui effleura même pas de demander au garçon ce que cela pouvait bien être. Après tout, elle comprenait l'ensemble de ses paroles, et si quelque chose ne lui semblait pas très compréhensible, ce n'était pas grave. Elle s'en accomoderait quand même. Puis il lui avoua qu'il avait le trac d'aller chez elle. Wendy ne savait pas si elle devait vraiment se fier à ses dires cette fois, car aucun quiproquo ne serait possible, en raison de leur différence d'âge. Mais elle rit quand même après qu'il ait prononcé ces paroles.

Puis, en voyant qu'elle n'avait pas fini son thé, il s'excusa d'avoir trop fait bouillir l'eau. La domestique considéra sa tasse, eut un petit haussement d'épaule, but une gorgée, et s'apprêta à avouer une chose à laquelle le garçon en face d'elle n'aurait peut-être même pas songé. Mais avant cela, le garçon lui posa la question du fromage. Elle décida de répondre après sa révélation. Il y avait des choses beaucoup plus importantes que d'autres dans la vie, et sa révélation en faisait partie.

Wendy : Il faut que je t'avoue quelque chose. Si j'ai été sincère depuis le début, je ne t'ai pas dit quelque chose d'important, qui aurait peut-être changé notre relation. Vois-tu, je possède une pierre. Elle est cachée, car située dans un endroit où il n'est pas habituel de trouver une pierre : mon genou. Mais son pouvoir n'en est pas moins important. Je... Je lis dans les pensées des gens... Je n'en fait usage que sur mes employeurs, pour connaître leurs désirs, afin que je ne commette jamais d'impairs. Quelques fois sur les gens, pour savoir ce qu'ils cachent. Mais toi, jamais l'envie de te sonder ne m'a effleurée. Ton renfermement n'est pas une mauvaise chose, tu désires cacher certaines choses sur toi, et je le respecte. C'est pourquoi, dès que tu m'as refusé de dire autre chose que ton surnom, j'ai respecté ton choix. Je préfère parler et découvrir moi même, que tricher et arracher les informations sans le consentement.

Elle s'interrompit, consciente de ce que ses paroles pouvaient provoquer. Peut-être que le garçon n'aurait plus confiance en elle, ou au contraire, peut-être s'ouvrirait-il plus encore. Mais Wendy sentait au fond d'elle que cette révélation était quand même une chose importante, et que si le garçon commençait à se dévoiler, elle devrait le faire elle aussi. Quitte à perdre sa confiance. Mais c'était la seule chose qu'elle avait cachée, et elle ne pouvait plus le faire, devant la sincérité de Max.

Wendy : Pour ce qui est du fromage, mon Maître saura bien s'en passer ce soir. Je retournerai en chercher une autre fois, mais, merci quand même !

Elle tenta un bref sourire, mais appréhendait trop la réaction de Max quand à sa révélation. Alors, elle baissa les yeux, prit sa tasse de thé, et le sirota longuement. La température de l'eau était devenue acceptable, à présent.
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